CHAPITRE V
moments et les occasions, un jom* avec Daraley contre Riccio , un autre jour avec Bothwell contre Damley, il négocia le retour des proscrits au prix d'un divorce et s'il le fallait d'un meurtre. Il parla de son dessein à Botbwell, qui s'y associa avec toute l'ardeur de sa fougueuse ambition , et le soumit à Argyle et à Huntly, qui y donnèrent leur adhésion. Selon la version des amis de la reine , il s'en ouvrit également à Murray, qui l'écouta sans le repousser. Après s'être concertés entre eux, les nouveaux confédâ^ se rendirent chez Marie Stuart '.
* The protestation of the Earles of Huntley and Ârg^yll touching the murthour of the king of Scots ; dans Anderson, CoUecHon relating to the histonj of Mary queen of Scotlandy 4 vol. in-4% Londres, 1728, t. IV, 2- partie, p. 189 à 194, et dans Keith , Appendix n° XV, p. 136, 137. — Cette protestation fut envoyée par la reine ou en son nom, toute rédigée, aux comtes de Hunlly et d'Argyle, pour qu'ils la signassent. <' During the subséquent conférence at Westminster (1568-69) she sent a protestation touching the king's murder, to be signed again by Argyle, and Huntley, and again returned. » Malc. Laing, 1. 1, p. 20. — Murray se défendit d'avoir eu le rôle qui lui était attribué à Craigmillar. Après avoir dit que ses ennemis le calomnient en son absence , il ajoute qu'au mois de novembre, à Craigmillar, il n'a rien été proposé en sa présence : « tending to any unlawfuU or dishono* rable end. » — An answer by the Earl of Murray régent, to the forsaid protestation pasted on the back therof 19 january 1568-69 , dans Anderson , t. IV, part, ii, p. 194^ et dans Keith , Appendix n« XVI , p. 138.
276 MARIE STUAHT.
Letbington porta la parole en leur nom. Il rappela à la reine les graves et intolérables offenses qu'elle avait reçues de son mari , insista sur l'ingratitude qu'il avait montrée envers elle et sur les torts dont il continuait à se rendre coupable chaque jour. Puis il ajouta que, s'il plaisait à Sa Majesté de pardonner au comte de Morton, aux lords Ruthven et Lindsay, ceux-ci sauraient bien trouver, avec le reste de la noblesse, le moyen de la séparer par un divorce de son mari, de façon qu'elle n'eût plus rien à démêler avec lui. Cette proposition ne la surprit pas. Elle y consentit d'abord sous la double condition que le divorce serait légal et qu'il ne porterait aucun préjudice aux droits de son ills^ Mais le divorce n'était pas aisé à obtenir, puisqu'il fallait ou faire valoir le degré de consanguinité au sujet duquel le pape avait donné une dispense , ou bien intenter à Damlèy un procès en adultère, ou encore le poursuivre pour crime de trahison.
Ces difficultés ne pouvaient pas échapper à Marie, qui se serait exposée aux lenteurs d'une négociation incertaine ou aux scandales d'ime procédure odieuse. Aussi fut-elle saisie de scrupule, et, dans son ennui, elle parla de se retirer en France et de laisser en Ecosse Damley, qui, disait-elle, se corrigerait peut-êti^e *. Mais Letbington lui répondit que les lords de son
* Ilnd., dans Anderson et dans Keith. — ' Ibid.