‹ Histoire de Marie StuatChapitre 133 sur 214 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

royaume ne le souffriraient pas, et il osa même, en termes mystérieux, lui faire de terribles ouvertures : « Madame , dit-il , ne vous inquiétez de rien ; nous sommes ici les principaux de la noblesse et du conseil de Votre Grâce, et nous trouverons bien le moyen de vous délivrer de lui sans aucun préjudice pour votre 61s; et, quoique milord Murray, ici présent, ne soit pas moins scrupuleux pour un protestant que Votre Grâce ne l'est pour une papiste, je suis sûr qu'il regardera à travers ses doigts, nous verra faire et ne dira rien^» La reine comprit toute la portée de cette insinuation, et répliqua qu'elle ne voulait rien laisser entreprendre qui pût être une tache à son honneur; mais elle ne se révolta pas assez contre une semblable pensée, et se contenta de dire qu'il valait mieux rester dans l'état où on se trouvait et attendre que Dieu y portât remède '. Lethington ne tint point compte de cette molle résistance, et il ajouta : «Madame, laissez-

* « Madam , said he, fancie ye not we are hère of the principal of YourGrace's nobilide and counsale, ihatshall finde moyen that Your Majesty shall be qui te of him without préjudice of your son, and albeite, that mylord of M urraye hère présent , be lytill les scrupulus for ane protestant , nor Your Grâce is for ane papist, I am assurit be will looke tbrough his fingeris thairto, and will bebald our doeings saying nothing to the same. n Ânderson, p. 193. — Keith, p. 138.

«78 MAUIK STUAIiT.

nous conduire Taffaire; Votre Grâce n'en verra sortir que du bien et des actes qui seront approuvés par le parlement ^ »

Telle fut cette conférence extraordinaire. Elle fut suivie, de la part des promoteurs de la ligue homicide, d*unacte qui donna toute sa signification à leur dernière ouverture. Ils convinrent, par un traité ou bondf de tuer le roi, comme étant un jeune fou et un tyran, ennemi de la noblesse, et s'étant conduit d'une manière intolérable envers la reine. Us s'engagèrent à soutenir que ce meurtre était une mesure d'État. Sir James Balfour, partisan dévoué de Bothwell, rédigea le bond, que signèrent avec lui Hundy , Lethington , Argyle , et qui resta entre les mains de Bothwell '.

Moins d'un mois s*était écoulé depuis que le complot avait été ourdi contre la vie de Damley, lorsque se fit au château de Stirling le baptême de son jeune fils. La reine d'Angleterre, qui en était la marraine, chargea la comtesse d' Argyle de l'y représenter, et elle envoya en ambassade solennelle le comte de Bedford avec des fonts baptismaux en

*■ u Madam, let us g^yde the malter amongis us, and Your Grâce shall see nothing bot gud, and approvit by parlia^ ment, n Andersen, p. 193. — Keitb, p. 138.

' Voir la Confession du laird d'Ormiston dans Malc. Laîng, t. II, p. 321 et 322. —Et Tyder, t. VII, p. 65.

Page 1