‹ Histoire de Marie StuatChapitre 134 sur 214 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

or ' ) pour servir à la cérémonie relif^ieuse. Celle-ci eut lieu le 17 décembre avec beaucoup de magni* ficence, et le comte de Brienne, ainsi que Tambasêadeur Du Croc » y assistèrent de la part du roi de France. Bien qu'elle s'accomplit selon le rite catholique par l'archevêque de Saint-André ', ce fut le protestant Bothwell qui la dirigea'. Damley n'y parut point, quoiqu'il fût au château de Stirling. Irrité tout à la fois et confus , il avait menacé deux jours auparavant de partir. Il resta néanmoins » mais il s'enferma chez lui pendant le baptême et les fêtes qui le suivirent. Il demanda à voir l'ambassadeur de France^ qui refusa de se rendre auprès de lui ) parce qu'il n'était pas en bons termes avec la reine. Du Croc lui fit même dire qvie, s'il venait dans sa propre maison, au moment où il y entrerait par une porte lui serait obligé d'en sortir par une autre *»

L'humiliation ne pouvait pas être plus grande. Le roi était méprisé au milieu de la cour, le père n'avait pas de place au baptême de son fils. Cette situation intolérable pour Darnley était accablante

* Tyller, t. VII, p. 60.

* Lettre de Du Croc h Farchevéque de Glasgow du 23 décembre 1566, dans Keith, préface, p. vu.

* Sir John Foster à Cecil; lettre déposée au Stat. Pap. Off., et citée par Tyller, t. VU, p. 66.

* Lettre de Du Croc, dans Keith, préface, p. vu.

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pour la reine. Après avoir paru surmonter ses sentiments de tristesse pour présider à toutes ces fêtes où elle retrouva un moment son amabilité et sa grâce, Marie retomba dans tout son chagrin. Elle redevint morne et pensive. Du Croc, qu'elle fit appeler, la trouva couchée sur un lit pleurant et atteinte d'une douleur poignante dans les côtés. Il n'augurait rien que d'alarmant des rapports chaque jour plus hostiles du roi et de la reine. Un peu auparavant il avait écrit à l'archevêque de Glasgow : « Je n'ai pas la prétention d'annoncer d'avance comment tout se passera, mais je dirai que ces affaires ne peuvent pas rester longtemps telles qu'elles sont, sans qu'elles soient accompagnées de bien mauvaises conséquences * . »

Ces conséquences se déroulèrent en effet, avec une tragique rapidité. Sur les instances de Lethington et de Bothwell, Marie Stuart, mettant en oubli ses ressentiments contre les principaux meurtriers de Riccio, rappela Morton, Ruthven, Lindsay et soixante-seize autres bannis. George Douglas et André Kar de Faudonside furent seuls exceptés de ce pardon, parce que le premier était accusé d'avoir frappé Riccio devant la reine , et le second d'avoir dirigé un pistolet sur elle-même *. En apprenant le

* Keîth, p. vil de la préface.

' LeUre ms. de Redford à Cecil , au State Pap. Off. , ciléc dansTytler, t. VII, p. 69.

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