‹ Histoire de Marie StuatChapitre 135 sur 214 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

retour prochain des plus compromis de ses anciens adhérents, dont il s'était fait d'implacables ennemis, Darnley en fut épouvanté; il y vit de sinistres intentions contre lui , et il quitta de nouveau la cour pour aller à Glasgow auprès de son père le comte de Lennox. A peine y fut-il amvé , qu'il tomba malade. La défiance populaire , qui ne se trompait pas sur les périls auxquels il était exposé, tout en se trompant sur la cause de son indisposition , le crut empoisonné. Il avait la petite vérole, qui se déclara par une forte éruption *.

En attendant , le complot contre sa vie se poursuivait sans relâche. Bothwell cherchait et trouvait de nouveaux complices. Il avait obtenu l'adhésion de lord Caithness , de l'archevêque de Saint-André, du laird d'Ormiston ; et, dès que Morton fut rentré dans le royaume, entre le 10 et le 15 janvier* 1567, Bothwell voulut gagner à ses desseins un homme de cette résolution et de cette importance. Il alla le voir à Whittingham , chez Archibald Douglas , son proche parent. Il lui fit part de l'entreprise projetée et le pressa de s'y associer, en lui disant qu'elle avait

* Lettre ms. de Bedford k Ceci! du 9 janvier 1567, au St. Pap. OfF., citée dans Tytler, t. VII, p. 69.

' Morton arriva à Bervvick le 10 janvier. Sa lettre du 10 à Ceci], datée de cette ville, au Slate Pap. Off., est citée par Tyilcr, t. VII, p. 75.

Tassentiment de la reine ^ Morton ne fut ni surpris ni scandalisé de cette proposition ; il connaissait et partageait les passions mobiles, intéressées, violentes des loixls écossais. Mais Texil qu'il venait de subir le rendant plus circonspect, il répondit quil ne s'en mêlerait pas , à moins qu'on ne lui montrât la preuve que la reine autorisait tout. Bothwell, que Letbington accompagna dans une seconde entrevue, n'ayant pu tirer de Morton autre chose que cette sorte d'adhésion conditionnelle, retourna à Edimbourg pour chercher le consentement écrit de la reine. Il ne l'envoya point , et Letbington fit prévenir Morton par Archibald Douglas que la reine n'avait pas voulu entendre parler de laffaire en question '. Bothwell s'était-il trop avancé en se prévalant à tort du nom de Marie » ou bien Marie se refusait-elle seulement par prudence à laisser voir sa complicité?

Quoi qu'il en «oit^ elle conservait toujours ses sentiments de défiance et d'animosité à l'égard de Damley, et l'accusait de comploter contre elle. D'après des propos attribués à William Heigate et à

' Confession de Morton avant sa mort, dans Malc. Laing, t. n, p. 354 à 36â, appendix tl» XXXIV. -- Lettre d'Archibald Douglas à la reine Marie, a^ril 15S6, dans Robertson , t. III, appendix n» XLYII) et dans Malc. Laing, t. II, p. 363 a 369, appendix n«> XXXIV.

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