CHAPITRE V
William Walcar, serviteur» de larchevêque de Criasgow 9 propos qu'ils nièrent lorsqu'ils furent inter^ rogés et confrontés, le roi avait résolu de s'enipai^er du jeune prince son fils , de le faire couronner et de gouverner en son nom. Par crainte de ce complot cfaimérique, la reine avait le 14 janvier 1567 ramené le prince royal de Stirling à Edimbourg, comme pour le soustraire à un enlèvement ^ Le pauvre et faible jeune bomme auquel ce dessein était attribué n'avait ni autorité , ni parti , ni caractère. Il vivait dans Tisolement et l'impuissance d'un disgracié, et depuis le 5 janvier il était retenu dans son lit par la maladie éiiiptive qui mettait ses jours en danger, Marie ne l'accusa pas moins de conspirer, et, après avoir parlé de ses prétendus desseins dans une lettre du 20 janvier qu'elle écrivait à l'arcbevéque de Glasgow, elle ajoutait : « Sa conduite et sa gratitude pour nous sont bien connues à Dieu jet au monde. Nos sujets, même indifférents , voient cela, et dans leur cœur, nous n'en doutons pas, condamnent les mêmes projets. Sans cesse nous le trouvons occupé et actif à rechercher tous nos actes , lesquels , avec l'aide de Dieu, seront toujours tels que personne
* Déposition de Thomas Grawford, gentilhomme du comte de Lennox, au State Pap. Off., oà elle est notée au dos par Cecil; citée par Tytler, t. VU, p. 77. — Labanoff, t. VII, p. 396, 397. Lettre de Marie Stuart à l'archevêque de Glasgow.
n'ait lieu de s'en offenser, et ne pourra tenir sur nous que des propos honorables. Cependant lui, son père et leurs adhérents parlent de manière à nous montrer qu'ils ne manqueraient pas de bonne volonté à nous faire obstacle , si leur puissance était égale à leurs intentions. Mais Dieu modère leurs forces et leui* enlève les moyens d'exécution '. *»
Le lendemain du jour où elle s'exprimait avec cette sévérité soupçonneuse sur Darnley, elle partait pour Glasgow, et allait prodiguer à celui qu'elle, jugeait si défavorablement et qu'elle détestait toujours, les témoignages les plus affectueux. Aussi Damley, qui entrait en convalescence, fut-il étonné de cette visite inattendue. Il savait que Marie Stuart avait récemment parlé de lui en termes très-durs, et il avait été vaguement prévenu des trames de Ci*aigmillar. Il ne le cacha point à la reine. Il avait
* tt And his behaviour and thankfulness to us is in semblablement welle knawin to God and the warld, specîalle our awin indiffèrent subjecti» seis it, and in thairhartis, we doubt not, condemnis tlie sainyne. Alwayis we persave him occupait and bissy ancuch to haifiuquisitioun oFour doyng^is, quhiikis. God willing^, sali ay be sic as nane sali haif occasioun to be offendîL wilh thanie, or to report of us any wayis bot lionorably; howsoever he, his father and thaîr fautoris speik, qubilkis we knaw want na gude will to inake us baif ado, çif thair power wer équivalent to thair myndis. Bot God moderatis thair forces well aneuch,and takis the moyen of executioun of their pretensis fra thanie. » Labanoff, t. I, p. 398-9.