‹ Histoire de Marie StuatChapitre 137 sur 214 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

appris , lui dit-il , du laird de Minto , qu'elle avait refusé de signer un écrit qui lui avait été présenté pour se saisir de lui, et, s'il résistait, le tuer^ Il ajouta qu'il ne croirait jamais qu'elle, qui était sa propre chair, voulût lui faire le moindi*e mal. Puis avec plus de vanité que de confiance, il dit que si d'autres avaient l'intention de le frapper, il leur vendrait chèrement sa vie, à moins qu'ils ne le surprissent pendant son sommeil'. Marie à son tour lui parla et de l'intention qu'il avait eue de se retirer sur le continent et du projet qui lui avait été attiûbué par Heigate et Walcar. Il reconnut que l'une n'avait pas été sérieuse et nia l'autre avec force. Après lui avoir reproché ses craintes et ses soupçons, et avoir montré pour lui plus de douceur et moins d'aversion que de coutume, Marie n'eut pas de peine à reprendre tout son empire sur lui'. Au fond Darn-

* Déposition de Crawford k la conférence d'York, lorsqu^il y fut interrogé par les commissaires d'Elisabeth le 9 décembre 1568. Sa déposition est citée par Tytler, t. VU, p. 77.

* Ilnd.y p. 77, 78. Cette déposition est conforme en cela, comme en bien d*autres points, à la première lettre secrète écrite par Marie Stuart et trouvée dans la fameuse cassette d'argent. Voir cette lettre dans les Mémoires deMelvily.U III, p. 330, et les Mémoires de t Estai de France sous Charles IXy 2* édit., Middelbourg, 1578, in 12, t. I, p. 160, v». — Voir sur ces lettres et sur les sonnets de Marie Stuart, Appendice G.

' Première lettre, dans Mcivil, t. III, p. 340, et dans les Mémoires de t Estât de la Francf, t. I, p. 163, v*.

ley était toujours épris d'elle, et le dépit de Tamour avait, autant que la souffrance de Forgueil, été cause de son éloignemcnt de la cour. Il lui mani* festa beaucoup de repentir, mit ses fautes sur le compte de sa jeunesse et de son inexpérience, et promit de ne plus y retomber. Il exprima son extrême joie de la voir auprès de lui et la supplia de ne plus le quitter ' . Comme elle lui proposa de le conduire en litière à Craigmillar, lorsqu'il serait en état de voyager, il répondit qu'il ferait tout ce qu'elle voudrait, si elle consentait à vivre de nouveau marita« lement avec lui. Elle le promit en lui tendant la main ; mais elle ajouta qu'elle attendrait le moment où il serait entièrement rétabli de sa maladie. Elle exigea qu'il tint cette réconciliation secrète , de peur qu'elle ne causât de l'ombrage à quelques lords*.

Ce changement de langage et de conduite était bien extraordinaire de la part de Marie. Avait-elle passé, d'une manière subite et sincère, de l'aversion pour son mari à une tendre sollicitude pour lui,

' Première lettre de Marie Stuart à Bo:hwcll, dans les Mémoires de Melvil, t. III, p. 326, 327^ et dans les Mémoires (Je CEstatf etc., 1. 1, p. 159. Les lettres et les sonnets de Marie Stuart sont aussi dans Auderson : Collectiofis relating to the Imtory of Mary queen ofSvotltmdf 4 vol. in-4°. Edimbourg ot Londres, 1837, 1838, vol. II, p. 115 à 159.

* Ibiil., Mémoires de Melvil, t. III, p. 327 et 336, 337, et Mémoires de [Estât de la France, t. I, p. 159, v*», et 162, v*.

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