‹ Histoire de Marie StuatChapitre 138 sur 214 · CHAPITRE V. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. m

du dégotlt au rapprochement? Il est impossible de le croire , lorsqu'on voit que la mort de Damley« violemment survenue quelques jours après , ne lui causa aucun chagrin, ne lui laissa aucun regret, ne lui inspira aucun sentiment de vengeance, ne lui fit prendre aucune mesure de justice; lorsqu'on sait qu'à l'instant même où elle semblait se recon* cilier avec lui , son intimité criminelle ' continuait avec Botb well , et qu elle devint peu de temps après la femme de cet audacieux meurtrier de son mari. Mais alors, comment expliquer cette réconcilia*tion? Faut*il croire qu'aveuglée par la passion, soumise aux volontés féroces et ambitieuses de son amant, Marie Stuart allait surprendre à Glasgow la confiance de Damley par des marques d*un hypo» crite intérêt, afin de le ramener à Edimbourg et de l'y mettre sous la main de ses ennemis? Une telle perfidie ne semble pas croyable, et cependant les apparences morales et les témoignages écrits s'élèvent à la fois contre Marie Stuart avec une force accablante.

Bothwell avait placé comme valet de chambre auprès d'elle un Français nommé Nicolas Hubert, qui le servait depuis un fort grand nombre d'années et qu'on appelait commimément Paris, du lieu de sa naissance. Ce Paris, qui fut un des agents employés

* IbUi»y dans les Mémoires de MeMl, t. III, p. 383, et dans les Mi^moires de t Estât de la France , t. I, p. 161.

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par son ancien maître dans Texécution du complot contre la vie du roi , accompagna la reine d*L.dimbourg à Glasgow, loi'squ'elle se rendit auprès de Darnley *. Le surlendemain de son arrivée, Marie Stuart le renvoya vers Bothwell * avec une lettre qui atteste à la fois Tamour qu'elle ressentait pour Bothv^ell, et la part qu'elle prenait à ses sinistres projets, u Estant partie du lieu où j'avois laissé mon cœur, lui disait-elle, il se peut aisément juger qu elle estoit ma contenance*. >^ Après lui avoir raconté son voyage jusqu'à Glasgovr, et lui avoir dépeint les défiances craintives et les effusions affectueuses de Darnley comme elles sont mentionnées dans la déposition de Thomas Crawford, gentilhomme du comte de Lennox à qui Darnley communiquait ses entretiens avec la reine , elle lui disait : — « Je ne l'ay jamais veu mieux porter, ni parler si doucement, et si je n'eusse appris par l'expérience combien il avoit le cœur mol comme cire et le mien estre dur comme diamant, peu s'en eust fallu que je n'eusse eu pitié de luy. Toutefois ne craignez

*■ Deuxième déposition de Nicolas Hubert, dit Paris, du 10 août 1569. Mus. britann. Caligula, c. I, fol. 318, et citée dans Malc. Lain(j, t. II, p. 308, et dans Anderson, vol. II, p. 192 à 205.

> Ibid.

* Première lettre, dans les Mémoires de t Estât de la France, t. I, p. 1$8, et dans les Mémoires de Melvil, t. III, p. 323.

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