‹ Histoire de Marie StuatChapitre 140 sur 214 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

plus à Paris de s'informer auprès de Lethington et de Bothwell si , au retour du roi , il fallait le loger à Craigmillar ou à Kirk of Field (Église du Champ) pour qu'il y jouit d'un bon air, parce qu'il ne con* venait point de l'établir à l'abbaye d'Holyrood , où le prince royal pourrait prendre sa maladie \ C'est à ce sujet que Marie écrivait à Bothwell : « Faites moy sçavoir ce que vous avez délibéré de faire touchant ce que sçavez, afin que nous nous entendions l'un l'autre et que rien ne se fasse autrement ^. » Paiûs remplit son message. Il vit Bothwell et Letbington, qui furent l'un et l'autre d'avis qu'il valait mieux que le roi fût logé à Kirk of Field. C'était un vaste champ aux portes d'Edimbourg , près d'un ancien couvent de dominicains appelés les moines noirs {blàck friars)y bien aéré, coupé de jardins et couvert de maisons, parmi lesquelles le duc de Chàtellerault en avait une assez grande et assez belle , et Robert Balfour, créature de Bothwell et parent de Jacques, rédacteur du bond pour le meurtre ', en possédait

' Deuxième déposition de Paris, dans Malc. Lainç, t. II, p. 308, et dans Anderson, vol. II, p. 193.

'Première lettre de Marie Stuart à Bothwell, dans les Mémoires de MehAl, t. III, p. 333, et les Métnoires de (Estut, etc., t. I, p. 161, v°,

* a Quhilk writing;, as said Earl (Bothwell) shew uiito me, was devysit be sir James Balfbur, subscryvit, bc them, etc. » Confession du laird d'Oimiston, exécuté en

2i)2 MARIE SÏUART.

une autre. Celle-ci s'appelait la maison du Prében* daire. Bien qu'elle fût moins spacieuse, elle était plus isolée, et les conjurés la choisirent comme plus commode pour leur projet *. Paris aperçut deux fois en conférence , avec James Balfour, Bothwell, qui le renvoya en lui disant : <c Retom'ne-t'en à la royne et me recommande bien humblement à sa bonne grâce et dis-lui que tout ira bien , car monsieur Jacques Balfour et moi n'avons dormi toute la nuit, ains avons mis ordre en tout et avons apresté le logis, et dis à la royne que je lui envoyé ce dyamant que tu luy porteras, et que si j'avoy mon cueur je le luy envoyeraye très-volluntiers *. »

Damiey fut bientôt en état de partir en litière. La reine, qu'il accablait de ses tendresses et qui n'entrait jamais chez lui sans que la douleur de son côté malade ne la saisit^, annonça à Bothwell

1573 pour le meurtre de Darniey, dans Malc. Laiug^, t. Il, app. n» XXVII, p. 322, et t. II, p. 22 et 23.

* Malc. Lainç, 1. 1, p. 31, 32, 33, et note 38.

' Seconde déposition de Nicolas Hubert, dit Parisy dans Anderson, vol. II, p. 194, 195, et dans Malc. Laing, t. II, p. 309, 310.

* c( Il m*a remis en mémoire toutes les choses qui peuvent me £aire entendre qu^il m^aime : en somme vous diriez qu'il m'honore et recherche avec (^rand respect : en quoi je pren si g^rand plaisir que je n'entre jamais vers luy que la douleur de mon costé malade ne me saisisse, tant il me fasche* t» Deuxième lettre de Marie Stnart à Bothwell , dans les Mé^

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