‹ Histoire de Marie StuatChapitre 147 sur 214 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

C'est à ce monienl, tout porte à le croire, que les deux meurtriers cachés dans la maison accomplirent leur forfait. Ils pénétrèrent, à Taide des fausses clefs j dans l'appartement du roi. En entendant du bruit, Darnley se couvrit de sa pelisse et sauta à bas du lit pour s'enfuir. Mais les assassins le saisirent et l'étranglèrent. Ils tuèrent de la même manière son jeune page. Ils ti*ansportèrent ensuite leui*s cadavres dans un petit verger du voisinage où on les trouva le lendemain au matin sans mutilation

tirée des archives de Médicis par le prince Labanoff. Celte dépêche explique seule, d'ailleurs, comment le corps de Darnley et celui de sou pag;e Taylor furent trouvés si loin de la maison de Bal four, sans porter sur eux aucune marque ni d'une explosion, ni d'une chute. Voici ce qu'on trouve dans cette dépèche, qui est dans le t. VU, p. 108 et 109 de la collection du prince Labanoff : a Quanto al particular délia niorte di quel re , il detto si^j^nor di Muretta ha ferma opinione che quel povero principe sentendo il rumore délie genti che aftorniavano la casa, et tenta vano con le chiave ialse apprir gl' usci , volese uscir per una porta che andava al giardino , in camicia con la peliccia , per fuggirre il pericolo ; et quivi fu affogato, et poi condotto fuori de! giardlno in un picoio horto fuori délia muraglia délia terra , et che poi con il fuoco ruinassero la casa per amazzar il resto ch' era dentro ; di che se ne fa congiettura, perciochè il re fu trovato morto in camicia con la peliccia a canto , et alcune donne che allogiavano vicino al giardino , afFermano d'haver udito gridar il re : a Eh, fratelli miei, habiate ptetà di me per amor di colui che hebbe misericordia di tutto il mondo. » Cette dépêche avait été communiquée par le prince Labanoff à TOM. I. 20

et sans aucune trace de feu , le roi n'étant couvert que de sa chemise et sa pelisse ayant été placée à côté de lui. Après cette sinistre exécution, Hepbum alluma la mèche qui aboutissait au monceau de poudre et devait rendre moins faciles à trouver les traces du meurtre en faisant sauter la maison. Bothwell, Hepburn, Hay de Tallo et les autres bandits se placèrent alors à une certaine distance poui' attendre Texplosion, qui n'eut lieu qu'un quart d'heure' après, entre deux et trois heures du matin , avec un fracas épouvantable. Aussitôt tous partirent en courant pour rentrer dans Edimbourg ; et Bothwell , n'ayant pas pu franchir , à cause de son bras blessé , une brèche qui existait au rempart de la ville, fut contraint, avec la plus grande partie de sa bande, de repasser

M. Tyder, qui a fait, d'après elle, son récit de la mort de Darnley, t. VII, p. 83. C'est ce qu'on croyait aussi en Ecosse, comme le prouve la proclamation suivante du â6 juin 1567, où Bothwell est accusé non-seulement d'avoir comploté la mort de Darnley, mais de l'avoir tué de ses propres mains , with his awin hands : « He his found not onlie to hâve bin the inventor and devyser, but the exécuter wilb hisawinhandisas hisawinservantis,beinçin companieivith him at that unwortie deid , hes testifiet. » Anderson , t. F, p. 140. — C'est ce que pense Buchanan , Hist, etc., 1. xviii, p. 351 , et 1. XX , p. 397. — Lain^ partage ce sentiment, t. Il, p. 19, 20.

* Dé|)Ositions dePowrie^ dans Malc. Laing, t. II, p. S70; de Dalgleish, ihid,, p. 275 ; de Hay de Tallo, ibid. , p. 280; de John Hepburn, ibiiL, p. 284.

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