‹ Histoire de Marie StuatChapitre 150 sur 214 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

reine, rincriminc d autant plus fortement que, loin de venger le mari auquel elle avait prodigué de récentes mais dliypocrites tendresses, elle récompense son meurtrier, et deux mois après elle Tépouse. Nous allons dérouler le triste tableau de ses égarements et de ses punitions. Atterrée comme elle paraissait Tétre, Marie Stuart laisse au conseil privé, presque tout composé de complices du meurtre et ayant pour secrétaire et pour guide Lethington qui en avait été Fun des principaux instigateui^, le soin d'instruire la cour de France de cette catastrophe. La dépêche du conseil, adressée à Catherine deMédicis, est confiée à Clamault^, qui porte en même temps à lar-

demande: Paris, qu'as-tu? — Hélas! ce dict-il, madame, je voys que chascun me regarde de costé. — Ne te chaille y ce dict-elle, je te feray bon vysage, et personne ne t'oseroyt dire mot. Cependant elle ne le dict chose de conséquence jusques à ce qu'elle voulloyt aller à Seton; alors elle luy deniandast de prendre une cassette où il y avoyt des corceletz d'cscus que le thresorier luy avoyt aporté de France, pour la porter h la chambre de monsieur de Boduel , qui estoyl k ccste heure-là loQé dedans le pallays, au-dessus de la chambre là ou ce tenoyt le conseil; el puis après lui commandast de prendre son cofFre des bagues et le faire porter au chasteau, et le delyvrer entre les mains du sieur deSkirKog, pour lors cappitaioe soubz monsieur de Boduel, chose qu'il feist; en après elle voyant ledict Paris tout fasché, elle pressoyt souvent de faire service à monsieur de Boduel. » Deuxième déposition de Paris, dans Malc. Lalng,!. II, p. 315, 316;

* Labanoff, t. Il, p. 2.

chevêque de Glasgow une lettre de la reine. Dans cette lettre, écrite le surlendemain de la mort du roi à son ambassadeur auprès de Charles IX, Marie Stuart déplore « l'horrible événement' qui vient d'épouvanter l'Ecosse, » et dit « quelle ne croyait pas qu'il en fût jamais arrivé un pareil dans aucun pays*. » Elle prétend qu'elle-même ne doit qu'à un heureux hasard de n'avoir pas été enveloppée dans l'attentat dirigé aussi bien conti*e sa personne que contre celle du roi. << Elle ne sait pas , ajoute-t-elle, quels peuvent être les auteurs de ce crime, mais elle s'en repose sur la sollicitude et les diligences de son conseil pour les découvrir, et elle espère leur infliger un châtiment qui serve d'exemple à tous les âges '. » Après avoir cherché à se concilier la favorable opinion de la cour de France, elle se décide enfin , le mercredi 12 février, à promettre, par une proclamation , 2,000 livres d'Ecosse à qui donnera quelques éclaircissements sur les auteurs de l'attentat^. Aussitôt Id voix publique éclate , une affiche est placardée aux portes de Tolbooth ou de la prison de ville, et l'on y dénonce Bothwell, James Balfour et un autre affidé de Bothv^ell nommé David Chambers comme

*' Labanoff , t. II, p. 3.

' a The mater is horrible and sa strang^e, as we beleive tbe like was ncvor hard of in ony country. » LabanofF, t. II, p. 3.

• ibiH. — * Keilh , p. 368.

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