‹ Histoire de Marie StuatChapitre 152 sur 214 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

1 autre les initiales de Bothwell avec un maillet ^ désigné comme ayant été Tinstrument du mcurti*e. La ville entière était dans lagitation la plus extrême. Les ministres presbytériens prêchaient avec une sombre véhémence; au milieu des jeûnes et des prières, ils invoquaient Dieu pour qu'il révélât et vengeât ^. La reine était comprise dans les soupçons publics et l'idée de sa complicité s'étendait de plus en plus. Bothwell furieux essaya d'intimider l'opinion publique. Il vint à Edimbourg accompagné de cinquante hommes armés, et déclara tout haut que, s'il connaissait les auteurs de ces écrits, il laverait ses mains dans leur sang. Mais, rempli de soupçons en même temps que de colère, lorsqu'il parlait avec quelqu'un dont il n'était pas tout à fait sûr, il ne le quittait pas du regard et tenait toujours la main à la poignée de sa dague ^.

Le père infortimé du roi moit, voyant que Marie Stuart restait inactive, la pressa, dans les ternies les plus pathétiques, d'ordonner des recherches : u Je suis contraint, lui écrivit-il le 20 février, par la nature et le devoir, de supplier Votre Majesté, pour la cause de Dieu , pour votre honneur, pour celui de

* Drury k Cecil, 28 février 1567, au State Pap. Off., et dans Tyller, t. VII, p, 91.

' Killegrew à Ceci!, 8 mars 1567, au State Pap. OfF., et dan» Ty lier, t. VII, p. 94.

3 Drury à Cecil, 28 février 16Ç7, a« State Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 90.

votre royaume , d'assembler toute la noblesse et les états d'Ecosse afin qu'il soit donné bon ordre à la poursuite d'un pareil crime. Je ne doute pas, avec la grâce de Dieu tout-puissant, que l'Esprit saint ne descende dans le cœur de Votre Majesté et de tous vos fidèles sujets et ne révèle les sanglants et cruels auteui^ de cette mort. Je n'ai pas besoin de rappeler à Votre Majesté que la chose la touche de près, et je la prie de me pardonner si je l'en importune, étant le père de celui contre lequel tout a été fait*.»

Marie répondit dès le lendemain d'une manière affectueuse et évasive au comte de Lennox. Elle lui annonça qu'avant de recevoir sa lettre elle avait déjà convoqué le parlement, qui ne manquerait pas de prendre en main la poursuite du meurtre cruel du roi son mari '. Mais le parlement ne devait se réunir qu'à Pâques, et en attendant, Joseph Riccio, Bastian, signor Francis, intendant italien de la reine, qui étaient désignés dans les placards, avaient déjà quitté l'Ecosse ', tandis que Powrie et Wilson avaient été

' Cette lettre est dans Keith, p. 369, 370.

^DansKeith, p. 370.

* Avec six autres personnes. — Drury à Ceci! , 19 février 1567, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. Vil, p. 89. — Marie donna le 20 une pension de 400 livres sur l'évôché de Ross à signor Francis. Malc. Laing, t. I, p. 52, 53. — Elle donna aussi une pension et la place de inaitre de la garde*

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