CHAPITRE V. ;M
envoyés par Botliwell au château de THcrmitage près de la frontière d'Angleterre '. Le comte de Lennox, qui pénétrait les motifs de cette longue inaction, renouvelant ses instances le 26 février, représenta à la reine que ce n'était point là une question ordinaire à débattre en parlement , mais un crime de telle importance qu'il fallait, pour l'exemple du monde, le poursuivre et le punir sur-le-champ, et il la conjura de faire arrêter les personnes suspectes dénoncées dans les placards ^. Mais elle lui répliqua que les placards étaient en contradiction entre eux, et qu'elle ne savait sur quels fondements solides établir les poursuites. Elle ajouta du reste que , s'il indiquait les personnes qui lui semblaient devoir être traduites en justice , le procès leur serait fait selon les lois du royaume, et qu'elles seraient punies conformément à la grandeur de leur crime, au cas qu'elles fussent reconnues coupables '.
robe du prince son Bis au portier de Darnley, qui se nom-» mait Durhain , et qui Tabandonoa ou le trahit le jour du meurtre. « Onsalurdaylhe 15lh when the king^ was buried, tbis porter of Darnley , was appointed by ibe queen's signature, master of tbe wardrobe to ihe young^ prince for h'fe, witfa a yearly salary, of an bandred pounds scots. » Privy seal Record Bookj 36, fol. 15. — Malc. Laing, t. I, p. 35, note 4â, et p. 51.
^ Déposition de Powrie, dans Malc. Laîu^, t. II, p. 271, â7â.
' Sa lettre est dans Kei(h,p. 370, 371.
' Lettre de Marie Stuart au comte deLennox, du l*** mars, (Vritc de Seton , dans Keitb, p. 371, 372.
348 MARIE STUÂRT.
Tandis que Lcnnox implorait vivement sa justice, Elisabeth lui faisait durement entrevoir sa culpabilité. Elle lui adressait par sir Henry Killegi^ew une lettre où éclate toute sa passion contre elle dans la véhémence de ses reproches mal dissimulés et à travers les invitations d'une sollicitude hypocrite : i( Madame , lui disait-elle , mes oreilles onf esté tellement estourdies, et mon entendement si fasché et mon cueur tellement effrayé à ouïr l'horrible son de l'abominable meurtre de votre feu mary et mon tué cousin , que quasi encores n'ay-je l'esprit d'en escrire; et combien que mon naturel me contraint de condoler sa mort, m'appartenant si près de saxïfç^ si est-ce que, à vous dire hardyment ce que j'en pense, je ne puis celer que je n'en sois plus dolente pour vous que pour lui. O madame! je ne ferois l'office de fidelle cousine ni d'affectionnée amie , si j'estudiois plustost à complaire à vos oreilles , que de m'employer à conserver votre honneur; pourtant . je ne vous cèlerai point ce que la pluspart des gens en parlent : c'est que vous regarderez enti'e vos doigtz la revenge de cet faict , et que n'avez garde de toucher ceulx qui vous ont faict tel plaisir, comme si la chose n'eust esté commise sans que les meurtriers en eussent sceu leur assurance. De moy pensez, je vous supplie, que ne vouldrois qu'une telle pensée résidast en mon cueur pour tout l'or du monde. » Elle la pressait, en employant les paroles