‹ Histoire de Marie StuatChapitre 16 sur 214 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ment. L'apnée de la mort de Henri VIIl, il entra en Ecosse à la tête d'une armée , qu'il offrit de ramener en Angleterre si les Écossais s'engageaient à garder leur reine jusqu'à ce qu'elle fût en âge d'être mariée nuis l'envoyer sur le continent, et s'ils rompaient toute relation avec la France. Mais ceux-ci aimèrent mieux coniliattre que d'obtempérer aux volontés anglaises, et, le 10 septembre 1547, ils livrèrent et perdirent la bataille de Pinkie. Cette fatale défaite, qui leur coûta plus de dix mille hommes, ouvrit l'Ecosse à leurs opiniâtres ennemis. Les Anglais s'y avancèrent jusqu'à Leitli ; ils s'établirent ensuite dans la partie méridionale, où ils se fortifièrent et où les principaux lairds des districts belliqueux de cette frontière se soumirent à eux.

Affùbli sans être dompté par ce grand revers, le parti mitlonal recourut à la France , seule en état de protéger efficacement l'Ecosse contre les armes de l'Angleterre. Alîn de l'y intéresser autrement que par la raison politique , il fut prêt à lui offrir ce qu'ambitionnaient si ardemment les Anglais, la garde et l'héritage de Marie Stuart. Cette princesse, âgée de près de six ans, avait réaidé juscpje-là au château de Stirling, avec ses deux gouverneurs, les lords Erskine et Livingston. Après la bataille de Pinkie, elle fut conduite de ce château, qui pouvait être attaqué, au monastère d'Inchmahome, au milieu

du lac de Menteith * , moins exposé aux incursions de Tarmée anglaise. La reine douairière, d*accord avec le régent, conçut alors le double projet d'envoyer sa fille siu* le continent et de la fiancer au jeune dauphin de France ; qui était à peu près du même âge qu'elle. L'ouverture que cette princesse adroite en fit à la noblesse d'Ecosse et à la cour de France fut agréée des deux parts avec empressement'. Chacun y trouvait son compte. Le royaume acquérait un défenseur capable de soutenir son indépendance; la reine douairière en espérait plus tard la régence; la cour de France y voyait, par une alliance indissoluble, le moyen certain de tenir l'Angleterre en échec. Mais personne n'y gagnait plus que la noblesse d'Ecosse , dont l'éloignement de Marie Stuart et sou mariage en terre étrangère devaient faciliter la turbulente domination.

Dès que ce projet eut été admis de part et d'autre, Henri II, qui avait succédé à François P% trois mois après l'avènement d'Edouard VI, envoya une flotte dans le Forth, avec six mille hommes de débarquement et un excellent train d'artillerie, sous André de Montalembert, seigneiu* d'Essé. Ce chef des troupes auxiliaires, introduit dans l'assemblée du parlement écossais, annonça que le roi son maître,

* ffistorif of Scotlandy by Patrick Fraser Tytier. In-8", Kdinburgh, 1837, l. VI, p. 42.

» md., p. 43.

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