‹ Histoire de Marie StuatChapitre 17 sur 214 · CHAPITRE II. :J · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. :J

heureux de cimenter l'ancienne union des deux pays par le mariage de leurs deux héritiers, se chargeait volontiers de défendre l'Ecosse, de faire élever sa jeune reine auprès de lui , et s'engageait solennellement à respecter les lois et les libertés du royaume ' . Cette transaction déconcerta les plans du lord protecteur, qui avait vaincu l'Ecosse sans la faire fléchir, et qui l'avait encore plus détachée de l'Angleterre en la dévastant. Il désavoua alors dans un manifeste public tout autre dessein que celui d'unir les deux pays par un mariage, sur les bases d'une paifaite égalité et sous la dénomination conuuune de Bretagne. Il assurait avoir voulu par là mettre un terme aux guerres qui les avaient désolés si longtemps. Mais ses raisons politiques n'eurent pas plus de succès que ses expéditions militaires. Le duc de, Somerset essaya alors d'empêcher la jeune reine d'Ecosse de se rendre en France. Il fit partir une flotte sous le commandement de l'amiral Clinton pour l'intercepter à son passage', bien assuré que celui des deux pays qui aurait la garde de sa personne finirait par être en possession de son royaume.

La reine douairière, par la prévoyance et la sûreté de ses mesures, détourna ce dernier danger de sa fille. Elle conduisit rapidement la jeune Marie d'Inchmahome à Dumbarton, où se rendit, avec

* Tytler, p. 52. — * /«rf., p. 52.

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U MARIB STUART.

non moins <le bâte que de secret Tamind ViUega* gnon , suivi de quatre galiotes destinées à la trans* porter en France. La jeune princesse monta sur le galion royal avec ses deux gouverneurs , son frère naturel, lord James, qui avait alors dix-sept ans, et quatre compagnes de son âge appartenant aux nobles familles de Fleming , de Seaton , de Beaton et de Livingston. On les appelait les quatre Maries, parce qu*elles portaient le même nom qu elle. La petite flotte chargée de son précieux dépôt quitta la côte occidentale de l'Ecosse le 7 aodt, un peu avant que Tescadre anglaise arrivât à la pointe de Saint-Abbot pour mettre obstacle à sa traversée. Après une navi* gadon qui ne fiit point troublée, elle entra beureusèment le 13 août 1648 dans le port de Brest. La pedte Marie fut menée à Sain^Germain, où la cour résidait dans ce moment , et où le roi Henri II la reçut et la traita comme sa fille. Il lut assigna un état de maison digne de son rang, et la fit élever avec ses propres enfants * .

Tout était consommé. La politique de Tunion n ayant pas prévalu entre l'Ecosse et l'Angleterre, la vieille polidque de la rivalité et de l'inimitié fut reprise plus que jamais , pour être pratiquée tout le reste du siècle , tantôt avec violence , tantôt avec astuce. Après le départ de Marie Stuart pour le continent, la guerre continua encoi*e pendant deux

« Tytler, p. 52-53.

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