‹ Histoire de Marie StuatChapitre 166 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

son comme son excuse dans les grandes qualités et les éminents sei^ices de Bothwell. Aussi après avoir lu la requête pressante des principaux seigneurs de son royaume et avoir entendu les explications de Bothwell ) elle avait pardonné la violence qu'il avait commise envers elle, poussé par son amour et par la nécessité. L'évêque de Dumblane devait ajouter que la factieuse turbulence de cette nation rebelle, qui ne voulait ni se soumettre au pouvoir d une femme ni endurer qu'elle prit un prince étranger pour mari, l'ayant réduite à épouser un de ses sujets, elle n'en avait pas trouvé parmi eux qui pût être comparé au comte de Bothwell par la réputation de sa maison, son propre mérite, sa sagesse , sa valeur, et qu'elle s'était accommodée sans i^pugnance aux désirs des trois États '. Elle fit partir pour l'Angleterre Robert Melvil avec des instructions à peu près semblables '. Si la reine Elisabeth trouvait étrange qu'elle eût épousé celui qui était soupçonné d'avoir fait périr son mari et dont la femme était encore vivante, Melvil avait ordre de lui rappeler que le comte de Bothwell , acquitté par la justice du pays , avait offert en outre de soutenir son innocence à la

* Yoîp les instructions qui lui sont données par Marie Stnart, dans &ei(b| p. 388 à 392, et dans Andersen, t. I,

' Ces instructions sont dans Anderson, t. I, p. 102 à 107, et dans Keith, p. 392 h 394.

guise d'un gentilhomme , et qu'un divorce légal Favait rendu pleinement libre. Marie Stuart priait les deux cours de France et d'Angleterre de l'excuser si elle avait consenti à un mariage précipité , et elle leur demandait, puisque ce mariage était devenu in^évocable, d'étendre à son mari l'amitié qu'elles lui portaient à elle-même ^

De son côté, Botbvvell adressait à Charles IX une lettre courte et soumise ^ , tandis qu'il offrait ses services à Llisabeth d'un ton qui ne manquait ni d'adresse ni de dignité. Il protestait contre la mauvaise opinion que cette reine paraissait avoir de lui , et il ajoutait : — « Des hommes d'une naissance plus considérable auroient pu être préférés pour occuper la haute position où j'ai été élevé, mats pei^sonne ne sera plus dévoué à l'amitié de Votre Majesté, comme vous pourrez en faire l'épreuve dans toutes les occasions où vous voudrez m'employer *. » Avant de chercher l'appui des puissances le plus mêlées aux affaires d'Ecosse, il avait placé entre ses mains toutes les forces du royaume, et s'était assuré du plein exercice de l'autorité en composant le conseil privé de ses amis et de ses partisans. Il y avait introduit

> Anderson, t. I, p. 102 à 187, et Keith, p. 392 à 394.

* Lettre de Bolhwell à Charles IX du 27 mai 1567, dans Teulel, Pièces et ilpcuments relatifs à t histoire et Ecosse, t. II , p. 156.

3 Dans Tytler, t. Vil, p. 125.

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