CHAPITRE VL
l'archevêque de Saint- André, les lords Oliphant, Boyd , Herries et Fleming, les évêques de Galloway et de Ross qui y avaient pris place à côté des comtes de Huntly et de Cmwford. 11 avait fait nommer maître desTcquétes Hepbum, curé de Auldhamstocks, qui avait dirigé son divorce avec lady Gordon *.
Pendant que Marie et Bothwell croyaient pourvoir à leur sûreté par ces précautions, de dures épreuves et de teiTibles châtiments se préparaient pour eux. Une confédération formidable s'était formée contre Bothwell, et par suite contre Marie Stuart. Cette confédération , qu'on avait crue jusqu'à ce temps postérieure au mariage, avait pi*écédé celui-ci, comme Tont mis en évidence les correspondances précieuses récemment extraites du State Paper Office d'Angleterre*. Immédiatement api^ le fameux souper du 19 avril dans la taverne d'Anslay, les principaux lords que Bothwell avait faire souscrire à ses projets s'unirent secrètement pour s'y opposer. Argyle, Athol, Morton, le laird Kirkaldy de Grange craignirent que la reine , n'étant plus maîtresse de ses actions, emportée qu'elle ét^iit par sa passion , ne livrât son fils à Bothwell, qui s'en débarrasserait
• Malc. Laing, t. I, p. 98, 99.
* C'est M. F. Tyller qui les y a Irouvées et s'en est servi dans le septième volume de son HUtoive ifÉcosse^ publié en 1840, p. 106 à 114.
3i6 MARIE STUÀRT.
comme il s était débarrassé de son mari. Le laird do Gran(][e demanda en leur nom Tappui d'Elisabeth contre Botfawell , dont la puissance deviendrait irrésistible lorsqu'il aurait ajouté Fautorité de la cou-' ronne à sa propre audace. Le 20 avril, il avait écrit dans ce sens au comte de Bedroixl , et lui avait dit que la reine aimait si follement Botliwell qu'elle avait annoncé, en présence de plusieurs personnes , u qu'elle renoncerait sans hésiter à la France, à l'An* gleterre et à son propre pays, et suivrait Bothwell jusqu'au bout du monde, vêtue d'une jupe blanche, plutôt que de se séparer de lui ^ n
Deux jours après l'enlèvement de Marie Stuart, le laird de Grange avait écrit de nouveau à Bedford : u Cette reine ne cessera point jusqu'à ce qu'elle ait aliéné tous les honnêtes gens de ce royaume. Son intention , lorsqu'elle engagea Bothwell à s'emparer de vive force de sa personne , fut d'amener plus tôt le mariage qu'elle lui avait promis avant de lavoir engagé à assassiner son mari. Il y a beaucoup de gens qui sont prêts à venger ce meurtre, mais ils craignent votre maîtresse ; je suis tellement porté à me charger de cette vengeance , que je dois , ou mettre la main
* M She had becoine so shamclessly enamoured , that she bad been heard to say : « She cared not to lose France, England and ber own country, for bim, and shall qo ivitb him 10 tbe world's end in a wbite petticoat, before she leave bim. n Kirkaldy de Grange à Bedford, SO avril 1567, au Stat Pap. Off., B. C, et dans Tytler, t. VH, p. 106.