CHAPITRE VI
riage, et qui embrassa le parti contraire en haine de Botbwell, obtint un peu plus tard, malgré les scrupules monarchiques et les sentiments altiers d'Elisabeth y que cette reine accorderait des secours aux lords confédérés « pour, était-il dit, leur honorable entreprise»,»
La ligue de la noblesse se grossissait chaque jour. Lethington, devenu suspect à Bothwell qui avait failli le tuer dans la chambre de la reine ^, s'était réfugié auprès de son ami le comte d'Athol avec l'intention de se réunir aux lords confédérés. Marie Stuart n'ignorait pas entièrement les desseins de ses ennemis qui s'étaient tous éloignés de la cour. Elle ne semblait pas les craindre, et elle traitait les chefs de la nouvelle, ligue avec assez de dédain. Exerçant contre eux son esprit mordant , et faisant allusion à leur caractère ou à leur position^ elle disait — qu'Âtbol n'était qu'un homme faible; qu'elle saurait trouver le moyen de fermer la bouche à Argyle ; et que Morton, dont les bottes étaient à peine ôtécs et toutes souillées encore de la poussière de la route, serait renvoyé d'où il venait*. — Elle apprit avant
* Tytler, t. VII , p. 149.
» Mdvil, t. I, p. 249, 250, et Tytler. t. VU, p, 127.
* Athol, said she, is but feeble; for Argile I kuow well how to stop hîs moutfa ; as for Morton, his boots are but new pulled off , and still soiled , he sball be sent back to his old
Zoi MAKIE STUAKT.
peu qu'ils étaient beaucoup plus redoutables qu'elle ne l'imaginait. Bothwell , prompt à manifester les pensées auxquelles on s'était attendu de sa part, avait réclamé impérieusement le prince royal. Le comte de Mar, sommé avec menace de le livrer, répondit qu'il ne consentirait à le faire que si le jeune prince était placé dans le château d'Edimbourg sous la garde d'un gouverneur sans reproche et sur lequel on pût compter ^ Mais au lieu de chercher à se rendre maître du fils de Darnley, Bothw^ell fut obligé de se défendre lui-même.
La reine s'était éloignée d'Edimbourg, dont le peuple lui était très -peu favorable, et s'était retirée dans le château-fort de Borthwick, manoir du laird de Crooskston , à dix milles de cette capitale du royaume *. Elle avait ordonné une levée féodale pour marcher contre les borderers qui troublaient sans cesse le district de Liddisdale*. Personne n'avait répondu à la convocation, et Bothwell, chargé de diriger l'expédition , était revenu un peu déconcerté à Borthwick , auprès de la reine *. Les
quarters. » Drury à Ceci), 20 mai 1567, au Stat. Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 123.
* Melvil , t. I, p. 252, 253.
» Tytler, t. Vn, p. 128.
* La proclamation , du 28 mai, est dans Keith, p. 395.
* « Mais lui (Bothwell) veuu audit lieu ne trouva personnes ; pourquoi se voïant dépourveu de son entreprise, retorna trou-