‹ Histoire de Marie StuatChapitre 18 sur 214 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

années ' contre son . royaume. Mais cette (vuerre changea de face depuis que les troupes françaises se furent jointes aux troupes écossaises. Les Anglais, battus 9 perdirent la plupart des positions qu'ils avaient occupées depuis la bataille de Pinkie , et ils se décidèrent à conclure avec FÉcosse, dont ik éva*» cuèrent le territoire , la paix , qui fut signée à Boulogne le 24 mars et proclamée le 20 avril 1550 à Edimbourg. Ils n'en restèrent pas moins détestés de leurs voisins, dont ils avaient réveillé toutes les anti« pathies par une guerre de neuf ans.

Les dix années qui suivirent la paix de 1550 vinrent le progrès, l'établissement et la chute de la domination française en Ecosse. La reine douairière, dont Tambition égalait ladresse, aspira alors à gouverner le royaume de sa fille. Elle déploya pour ac» quérir la régence la même habileté qu'elle avait mise à préparer l'étroit accord de l'Ecosse et de la France et à ménager le mariage de Marie Stuart avec le

* Cette guerre est racontée d'une manière très-vive , très* détaillée et très-intéressante dans un petit livre imprimé quelques années après et intitulé : VHistoire de la guerre (tEscûss€f traitant comme le royaume fut assailly et en grand partie occupé par les Anglois, et depuis rendu paisible à sa reyne , et réduit en son ancien estât et dignité. -** P^ Jban de Reaugué, gentilhomme François à Paris, pour Gilles Corrozet^ en la grand'salle du Palais. 1556, in-lâ de 119 pages, •— )e dois la communication de ce volume, devenu fort rare, à Tobliçeance do M. le comte de Montalembert.

dauphin. Elle obtint sans peine Tappui intéressé de Henri IL Ce prince, auprès duquel ses deux frères, le duc François de Guise et le cai*dinal de Lorraine, jouissaient d'une grande faveur, mit le duché de Châtellerault à la disposition du comte d'Arran si le chef des Hamilton renonçait à la réçence. Marie de Lorraine gagna de plus la noblesse en. lui faisant des offres qui séduisirent son avidité; le parti protestant, déjà considérable, en montrant beaucoup de tolérance pour ses doctrines , et elle s attacha le comte de Huntly, chef des Gordon et le plus puissant sei* gneur du nord, en promettant de lui donner le comté de Murray et de créer son fils aîné comte de Rothsay. Elle se fit en même temps déléguer la tutelle de la reine, connue un acheminement à Tadministration du royaume. Mais ce ne fut qu'au bout de quatre années d'intrigues et d'efforts qu'elle arriva à ses fins. Au printemps de 1554 le faible comte d'Arran lui céda enfin la régence, pour prix de laquelle il obtint le duché de Châtellerault et une forte pension de la France. Il garda le château de Dumbarton jusqu'à la majorité de la reine, fut reconnu la seconde personne du royaume , et en cas de mort de Marie Stuart dut être l'héritier du trône. Marie de Lorraine , en présence des états d'Ecosse et avec leur assentiment, reçut de sa fille, aloi*s âgée de près de douze ans, le titre et l'autorité de régente ' . «Tytler, t. VI,p. 67-68.

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