CHAPITRE VI
ver le prince, à poursuivre les meurtriers du roi. Nous commandons aussi aux lords de session et à tous les autres juges, de. siéger et de rendre la justice selon les lois du royaume, nonobstant le tumulte qui peut s élever pendant le temps de cette entreprise. Tous ceux qui seront trouvés agissant contrairement à ces ordres , seront réputés fauteurs dudit meurtre et punis comme traîtres', n Le lendemain f rejoints par Atfaol et par Lethington , ils ordonnèrent qu'on fût prêt , dans trois heures , à marcher contre le comte de Bothwell, « lequel, di-* saien^ils, après avoir tué le roi, s'être emparé de la reine, avoir procédé avec elle à un mariage déshon* néte, assemblait maintenant des forces afin de se délivrer du jeuâe prince par le meurtre '. »
Bothwell , en effet , n'avait pas perdu de temps. Dès que la reine était arrivée à Dunbar, elle avait déclaré . traîtres les lords confédérés et appelé soué son drapeau tout ce qui lui restait de partisans* Ayant réuni en deux jours deux mille cinq cents hommes^ Marie Stuart et Bothwell marchèrent contre les confédérés^ de peur qu'ils ne se rendissent plus forts, si on leur en laissait le temps. Us partirent de Dunbar le samedi 14 juin, et couchêi*cnt à Seton tandis que leurs troupes passèrent la nuit dans la
* Dans Keith , p. 398, 399.
« Ibîd., p. 399.
356 MARIE STCART.
ville de Preston '. he lendemain, ils se remirent en marche, et loi*squiIs furent à Gladsmoor, la reine fit lire au front de sa petite armée une proclama-* tien dans laquelle , repoussant les accusations des confédérés, elle disait : — u Qu'un certain nombre de conspirateurs mettant à découvert la malice cachée quils nourrissaient contre elle et contre le duc d'Orkney son mari , après avoir failli s'emparer de leurs personnes à Borthwick, voulaient maintenant faire croire au peuple qu'ils cherchaient à venger le meurtre du roi, son précédent mari , à la tirer elle-même de captivité, et à empêcher le duc de s'emparer du prince son fils. C'étaient là , ajoutait-elle, d'indignes inventions. Personne n'avait plus de raison qu'elle de venger la mort du roi , si l'on pouvait en connaître les auteurs. Le duc , son présent mari, n'avait rien négligé pour faire éclater son innocence que la justice avait proclamée , que les États du Parlement avaient confirmée, que les chefs même de la présente insurrection avaient reconnue par écrit, et qu'il avait offert de maintenir les armes à la main. Quant à sa prétendue captivité, elle était démentie aux yeux de tous ses sujets par le mariage public qu'eHe avait célébré avec l'assentiment et sur la provocation des rebelles eux-mêmes qui, voulant colorer leur trahison , se présentaient comme
• Keith ,- p. iOO.