‹ Histoire de Marie StuatChapitre 176 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

accommodants qu'eux , les soldats, dans leur grossier fanatisme et leur haineuse réprobation , profé^ rèrent des invectives contre la reine. Le laird de Grange tira son épée et les fit taire ^ .

Mais les dispositions des lords changèrent bien vite, et, avant peu, les actes de leur part ne ressemblèrent plus aux paroles. Tandis que James Balfour, la créatm*e et le complice de Bothwell , resté neutre pendant la lutte, se déclarait pour les confédérés victorieux après avoir eu trois heures de conférence avec Lethington dans le château d'Edimbourg^, les Hamilton, fidèles a BothM^ell et à la reine, s'étaient réunis en armes. Us s'étaient avancés avec des forces asse2 considérables jusqu'à Linlithgow '. Marie Stuart, croyant pouvoir agir selon sa volonté qu'elle

* Mémoires de Melvily t. I, liv. m, p. 161.

'James Béton , frère de l'archevêque de Glasgow, avait porté à Balfour les ordres de la reine, et s'était introduit aupi-ès de lui le dimanche matins jour de la rencontre entre les deux armées à Carberry-Hilh Voici ce qu'il dît : « Betwixt 5 and 6 hours (du matin) passit**. to the castill , quhair being arry vit , I doy my commission as was commandit me be the queinis majestie... 1 fand the captain very cauld in his answering to Her Majesties commandements... My lord secretair (lord Lethington) cam to the castell, at twa houfs efter none, and spake with captain the space of three hours, n Lettre de James Deton à l'archevêque de Glasgow, 17 juin 1567, dans Malc, Laing, t. II^ p. 112, 113.

* Drury à Cecil, 18 juin 1567. — Anonyme à Cecil, 16 juin, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 135.

supposait toujours souveraine, demanda à communiquer avec eux. Les lords s'y refusèrent, dans la crainte qu'elle ne se ménageât le moyen de recommencer la guerre et de rejoindre Bothwell. Ce refus lui fit sentir l'imprudence de la résolution qu'elle avait prise , et elle éclata en reproches contre la déloyauté des loixls qui manquaient à leurs engagements et la traitaient non en reine , mais en prisonnière. Dans l'emportement de sa colère, elle appela Lindsay et lui demanda sa main. Lindsay la lui donna. — u Par la main qui est maintenant dans la vôtre, dit-elle, j'aurai votre tête pour cela * . n Cette imprudente menace , qu'elle adressa aussi aux comtes de Morton et d'Athol en leur déclarant qu'elle les ferait pendre*, ne pouvait qu'aggraver sa triste situation. Aussi dès ce moment fut-elle une véritable cap-

* u By the hand, said she, which is now in yours, Dl hâve your head for this. » /6W., p. 135. — Récit du capitaine dlnchkeith, dans Teulet, t. Il, p. 166.

' « Le soir mesme elle commança à tancer au conte de Athol, et après encontre le conte de Morton. p Récit du capitaine dlnchkeith, dans Teulet, t. II, p. 166. — « Après qu^elle fut prise, en venant à Lisleboure, ne parla jamais que de les faire tous pendre et crucifier, et continue tousjours; ce qui augmente leur désespoir, car ils voient que , s'ils la mettent en liberté, elle ira incontinent trouver le duc son mari , et ce sera à recommanccr. » Du Croc à Catherine de Médicis, 17 juin 1567, dans Teulet, t. II, p. 168,

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