CHAPITRE VI
vrance de Marie Stuart et la restauration conditionnelle de son autorité. Elle comprit sans doute qu'elle s'était trop avancée dans un sens contraire tout sAa lois à ses doctrines et à ses intérêts. Au fond, que lui fallait-il? Que l'Ecosse restât troublée et impuissante. Elle ne devait souhaiter ni le recouvrement entier de l'autorité par la reine, ni le triomphe complet des lords gouvernant le royaume au nom d'un prince encore enfant. Dans le premier cas, la reine aurait pu ambitionner de nouveau son héritage; dans le second, les lords se passer de son appui. Que fit-elle dès lors? Elle projeta de remettre en présence la reine et les lords, afin sans doute que leur lutte rendit son intervention toujours indispen* sable en Ecosse et que leur faiblesse affermit sa sécurité en Angleterre.
Throckmorton eut ordre de blâmer Marie Stuart pour son mariage , les lords pour leur rébellion. Il dut ensuite proposer comme bases d'un arrangement entre eux : le divorce de la reine avec Bothvrell , sa mise en liberté et son rétablissement ; la poursuite de Bothw^ell et de ses complices ; la gai*de des châteaux de Dunbar et de Dumbarton confiée aux nobles du parti contraire à Bothwell; la réunion d'un parlement, qui désignerait les gardiens des marches, les gouverneurs d'Edimbourg, de Stirling, d'Inch-Keith et des autres places du royaume ; l'établissement d'un grand conseil où seraient toujours présents Cinq ou
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six de ses membres au moins , sans lavis ot le con* sentement duquel la reine ne pourrait faire aucun aote et aucune nomination; enfin la proclamation d'une paix générale dans le royaume * . C'était le partage du gouvemement entre la reine et la haute noblesse, Ëlisabetli aurait ainsi constitué la désunion en Ecosse , où elle aurait été appelée tour à tour à appuyer la reine en vertu de ses principes sur l'inviolabilité royale, à soutenir la haute noblesse au nom de son utilité politique.
Mais les lords victorieux n'étaient pas disposés à entrer dans ses vues. Son ambassadeur Throckmorton en acquit la certitude au moment même où il pénétra en Ecosse. Il eut, dans le château de Fastcastle*, un entretien à ce sujet avec Lethington qu'accompagnaient Jaincs Melvil et lord Hume, venus tous les trois à sa rencontre. Le secrétaire
* Instructions données le 30 juin 1567 par la reine d'Angleterre à sir ]\icolas Throckuiorton ^ envoyé en Ecosse, sur les questions à traiter avec la reine et avec les lords, dans Keith, p. 411 et 414, et Propositions remises k sir Nicolas Throckmorton allant en Ecosse en juillet. Ibid,, p, 416.
' « Very little and very stron(]f, a place fitter to lod(je prifioners than folks at liberty. m Telle est^ d'après Throck- 'inorton , la description de cette forteresse, qui ressemblait à la plupart des forteresses dont était semé le territoire écos* sais. Elle appartenait à lord Hume, qui vint l'y recevoir avec Lethington et Melvil. — Throckmorton à Ceci), de Fastcastle, 12 juillet 1567, dans Robertson, t. II, appendix n* XXII, et Tytler^t. VII,p. 156,156.