‹ Histoire de Marie StuatChapitre 181 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

écossais lui fît connaître la position et les desseins des confédérés. Il se plaignit des vaiùations politiques de sa maîtresse qui « les laissait, disait«-il, dans les broussailles ^ » » et voulait les perdre en demandant qu'ils missent leur souveraine en liberté. Entré dans Edimbourg, le 12 juillet, en compagnie de ces trois seigneurs et d'une nombreuse escorte*, Throckmorton trouva cette ville dans une extrême fermentation, qui s'accrut encore quelques jours après , lorsque se tint la grande assemblée de rËglise,

Knox y avait reparu. Réfugié en Angleterre de^ puis le meurtre de Riccio , il était revenu dans son pays aussitôt qu'il avait appris la captivité de la reine ^. Il avait offert aux lords confédérés lappui du parti presbytérien, s'ils adoptaient comme lois du royaume les actes du parlement de 1560 que Marie Stuart avait refusé de reconnaître. Sa proposition fut acceptée , et Ton convint d'abolir les derniers restes du catholicisme , de restaurer le patrimoine de TEglise en faveur du clergé nouveau, de confier à celui-ci les universités, les collèges, les écoles où serait élevée la jeunesse et où Ton ne serait admis qu'après vérification dq $a capacité et de sa probité,

> Robertson, t. II, app. n^" XXII, etTytler, t. VU, p. 155, 156.

3 TbrockmortOD à Elisabeth, Ëdinibourç, U juillet 1567^ dan» RobertaoD , appendix n'' XXII.

' M'Cries, UJe o/Knox, t. II, p. 150, et Tytler, t VII, p. 144, 145.

de donner au prince royal une éducation protestante, de poui'suivre et de punir les meurtriei^s du roi , et de faire jurer désormais par les rois , à leur couronnement, le maintien de la vraie religion ^ professée dans V Église d'Ecosse, et la suppression de tout ce qui lui était contraire ^ A ce prix, Funiou la plus étroite s'établit entre les chefs de la noblesse et les chefs de l'Église ". Knox se déchaîna contre la royale prisonnière avec une sévérité violente ". La chaire évangélique devint un lieu d'accusation où Marie Stuart fut publiquement déclarée coupable d'adultère et de meurtre , et digne du plus rigoureux châtiment. Les ministres presbytériens invoquèrent contre elle l'égalité morale de tous les chrétiens et soutinrent que le rang souverain ne lui donnait pas le privilège de l'impunité. A l'appui de leurs doctrines, ils citaient les vieux exemples des dépositions de i*ois dans l'Ancien Testament, la démocratie juive leur servant de modèle et la Bible de loi. Persuadé par eux, le peuple, rendu fanatique et ciniel , disait tout

* Knox, History, etc., t. H, p. 563 à 565.

^ Ces articles , au nombre de huit, furent adoptés. « This being^ agreed upon, tlie assembly dîssolved. » Ibid,, p. 565.

' » This day being^ at M' Knox's sermon , who tooke a pièce of the Scripture forth of the books of the kings, and did inveigh vehemently against the queen , and persuaded extremitics towards her by application of his texte. » Throckmorlon à Elisabeth, Edimbourg ^ 19 juillet 1567, dans Keith, p. 422.

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