‹ Histoire de Marie StuatChapitre 182 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

haut qu il n était pas plus permis à la reine qu'à la moindre femme du royaume d*étre adultère et meurtrière " , et qu'elle devait être punie aussi sévèrement qu'une autre. Aux moralistes rigides qui supprimaient, comme Knox, l'inviolabilité royale *, s'ajoutaient des publicistes hardis comme Buchanan, qui, s'autorisant des violences exercées contre quelques-uns des anciens souverains du pays, érigeaient la révolte des sujets en droit de l'Ecosse et subordonnaient le pouvoir royal à la volonté publique '. Tous ensemble formaient im parti raisonneur et sombre, moral et audacieux, détestant la croyance delà reine, méprisant sa conduite, ne supportant pas son autorité, et demandant à grands cris son jugement, sa déposition et même sa mort. L'Église presbytérienne assemblée se rendit l'organe de ces vœux et réclama , dans une requête , u que le meurtre du roi fût puni selon les lois de Dieu, les pratiques du royaume, le droit des nations, et sans égard pour personne *. »

* « It is a public speech amongf ail the people, that their queen hath no moreliberty nor privilège to commit murder nor adulcery, than any other private person, neither by god's lawsnor by thelaws of the realm. » Throckmorton à Elisabeth, Edimbourg, 18 juillet, dans Robertson, appeudix n* XXII, et dans Tytler, t. Vil, p. 161, 162. — > Ibid.

* De jure regni. OEuvres de G. Buchanan, vol. I, in-fol. Edimbourg, 1715.

* « The assembly also hath made request, that the murder

Heureusement pour la reine, les lords confédérés n'étaient pas tous portés à prendre d'aussi terribles résolutions. Les plus modérés d'entre eux auraient désiré qu'elle divorçât avec Bothwell et qu'on la rétablit dans l'administration du royaume. C'était le vœu de Lethington et des Melvil * . D'autres, un peu moins indulgents , tels que les comtes d'Athol et de Morton, voulaient lui rendre la liberté sans lui restituer l'autorité et la contraindre à se retirer en France , après qu'elle aurait abdiqué la cotu^nne en faveur de son fils". Enfin il y en avait de plus sévères encore qui demandaient qu'elle fût traduite en

of the laie king may be scverely punishcd, according to ihe laws of God , accordinç to ihe praclices of their own realm, and accordinç to ihe laws whicli they call jus gentium^ without respect of any person. » Throckmorton à Elisabeth^ Edimbourg, 25 juillet 1567, dans Keith, p. 4â6.

* Lettre de Throckmorton à Elisabeth, Edimbourg, 19 juillet 1567, dans Keith , p. 420.

* « The next and second degrce îs that ihe quecn shall abandon this realm, and remain either in France or in England , with assurance of ihe prince where she remaineth, to perform the conditions ensuing ; that is to say, to resign ail government and régal authorîty to the prince her son, and to appoint under his authority a council of the nobilily and others to govern this realm , and she never to return hither again, nor to molest or impeach, the authority of her son, nor the government in his name. To this opinion I 6nd the Earl of Athole and his followers only inclined; albeit the Earl of Morton doth not seem to impugn it. « Throckmorton à Elisabeth , ibid.; p. 431.

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