‹ Histoire de Marie StuatChapitre 183 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

justice, condamnée pour meurtre, publiquement déposée et retenue dans une captivité perpétuelle*. On essaya d'abord de la faire consentir à se séparer de Bothwell , ce qui aurait pu adoucir les lords du conseil secret en les rassurant.

Robert Melvil fut envoyé deux fois, le 8 et le 15 juillet, à Lochleven, afin de l'y décider. Il eut l'autorisation de lui parler sans témoins. Il la sollicita *, dans l'intérêt de sa couronne, de sa sûreté, de son honneur, avec les plus vives et les plus affectueuses instances, d'abandonner Both^rell et d'adhérer aux poursuites dont il serait l'objet. Mais elle s'y refusa obstinément. Elle dit à Melvil qu'elle renoncerait plutôt au trône qu'à Bothwell ; qu'elle se croyait grosse et qu'elle ne consentirait point à rendre bâtard l'enfant qu'elle mettrait au monde en frappant son mariage de nullité". Malgré le désir connu de la cour de France, dont l'ambassadeur nou-

* « The tliird end and deg^ree is, to prosecute justice against the queen , to make lier process , to condemn her, to erown the prince , and to keep her in prison ail the days ôf her lîfe within this realm* To this opinion there doth Jean (as far as I can understand) both the most part of the counsellors and a great many others. » llnd.y p. 421.

* Déclaration de Robert Melvil ; Hopetoun mss. , et dans Tytler, t. VU, p. 163. — Throckmorton à Elisabeth, 18 juillet 1567, dans Robertson, appendix n® XXIL

3 Déclaration de R. Melvil; Hopetoun mss., et dans Tytier, t. VII, p. 163.

veau , Villeroi , n'avait pas été admis auprès d'elle ; malgré lavis salutaire qvie lui avait fait parvenir Tbrockmorton, auquel on avait également refusé la permission de la voir; malgré les supplications réitérées de Melvil, Marie Stuart demeura inébranlable dans son attachement pour Bothwell. Mais elle se montra disposée à confier le gouvernement du royaume à son frère Murray ou à un conseil composé des principaux lords. Elle écrivit dans ce sens aux chefs des confédérés en demandant d'être transférée à Stirling, où elle aurait la consolation de voir son fils, et en les suppliant, s'ils ne lui obéissaient point comme reine , de ne pas oublier qu'elle était la mère de leur prince et la fille de leur roi. Elle avait également écrit à Bothwell et elle pria Melvil de lui transmettre sa lettre. Melvil n'y ayant point consenti, elle la jeta au feu avec dépit '.

L'obstination de la reine à ne pas séparer son sort de celui de Bothwell ^ alai^ma et irrita tout à la fois

^ « She was willlng, she said , to commit thc government of the realm, either to tbe Ëarl of Murray alone, or to a council oF the nobility, and proposed , that if the would DOt obey her as their queen , they should reg^ard her witb some favour as the mother of their prince, and the daughter of their kio^... befbre he took his leave she produced a letter, requesting him to convey ît to Bothwell. This he peremptorily refused , upon which she threw it angrily into the fire. « Déclaration de Melvil, Und., et dans Tytler, t. YII, p. 163.

' Will not consent by any persuasion to abandon the

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