CHAPITRE VI
point du royaume, que les chefs des confédérés continuèrent à gouverner jusqu'au retour de Murray, à qui Ton avait notifié sa nomination comme régent d'Ecosse.
Murray, retiré enTrance depuis quatre mois, y avait appris coup sm* coup l'enlèvement simulé de Marie Stuart, son honteux mariage, sa prompte défaite , sa dure captivité , la suite si rapide de ses égai*ements et de ses malheurs. Il avait été touché d'un sentiment de pitié pour elle et n'avait pas perdu encore toute pensée de fidélité à son égard. Aussi , malgré le soin qu'avaient pris les lords confédérés de lui écrire, afin de le gagner à leur cause, il avait désapprouvé leurs procédés violents, et il avait dépêché vers eux Elphinstone en se plaignant de ce qu'ils avaient emprisonné la reine ^ Informé bientôt de la déposition de sa sœur, du couronnement prochain de son neveu et de sa propre élévation à la régence, il était parti pour l'Ecosse dans des dispositions encore favorables à la reine captive. Cependant il n'avait pas voulu s'engager avec la cour de France, qui lui avait fait de grandes offres* et qui lui donna comme compagnon, et presque comme surveillant , M. deLigneroles, envoyé par Charles IX
*Tytler, t. VU, p. 176, 177.
* Norris à Cecil, Poissy, 2, et Paris, 16 juillet 1567, et à Elisabeth , 23 juillet. Au Slate Pap. OfF., et dans Tytler, t. VII, p. 178.
398 MARIE STtJART.
auprès des lords du conseil secret ', dans Tintérêt de Marie Stuart et du maintien de Talliance entre les deux pays. Les sentiments de Murray se modifièrent en route. Il rencontra Elphinstone* qui revenait d'Ecosse , où les chefs des confédérés avaient cherché, afin de justifier leurs actes, à lui démontrer la culpabilité de la reine au moyen des pièces tirées de la cassette d'argent. Elphinstone affirma à Murray qu'il avait vu ime longue lettre écrite par la reine à Bothwell et pi-ouvant qu'elle avait participé au meurtre de son mari •.
Soit ambition, soit connaissance plus exacte de l'état de l'Ecosse, Murray était moins ardent pour la
* Norris à Cecil, Paris, 16 juillet 1567, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. Vil, p. 178.
* Tytler, t. Vil, p. 178.
' C'est ce que Murray dit h Tambassadear de Philippe II à Londres, avant de quitter cette ville pour se rendre en Ecosse. — El conde de Mure, hablando an tes de su partida con el cinbajador cspanol, « mostro sentir muchoque la junta de Edimburg hubîese preso à la reîna, pero que del siempre le habia parecido mal lo de Bodwel, que cl sabia de cierto de una carta , toda de tnano de la rey na Maria de mas de très plieg^os, escrita a Bodwcl, en que le apresuraba à poner en obra lo que tenian concertado sobre la muerte del rey, dandolc algun bebezido, 6 en todo apuro, quemando la casa, que aunque él no habia visto la carta, lo sabia per persona (Elphinstone) que la habia leido. » Gonzalez, Apuntamtentos, p. 75 de la publication in-4'', et t. VII, p. 323 de las Metnorias de la real Acadeiniay eic. — Throckmorton à Cecil, 2 août 1567, dans Stevenson, Sélections, p. 263.