‹ Histoire de Marie StuatChapitre 194 sur 214 · CHAPITRE VT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VT

destina la (^arde du château d'Edimbourg au laird Kirkaldy de Grange ', alors à la poursuite de Bothw ell. Le valeureux Kirkaldy avait juré de prendre cet ennemi public , et il fut sur le point d'en venir à bout. Des trois ou quatre vaisseaux qu'avait équipés Bothwell et avec lesquels il essayait de se maintenir dans les Orcades et les iles Shetland, deux tombèrent entre les mains du laird de Grange, qui allait aborder le troisième monté par Bothw^ell luimême, lorsque son navire, trop grand pour bien manoeuvrer dans ces étroits et difficiles parages, donna sur un banc de sable '. Bothwell parvint à s'échapper; mais quittant des lieux où il ne se trouvait plus en sûreté , il gagna la mer du Nord et fut jeté par une tempête en Norvège. Visité par un navire de guerre danois qui le trouva sans papiers, il fut arrêté comme pirate et mené en Danemark, dont le roi Frédéric II ne consentit pas à le livrer à Murray et à Elisabeth, mais l'enferma dans la forteresse de Malmoë. Bothwell y resta jusqu'à sa mort survenue en 1576. Sa captivité fut une expiation de neuf années , qui se passèrent entre la crainte d'être livré aux gouvernements d'Ecosse et d'Angleterre

* Keith , p. 455.

* LabanofF, 1. II, p. 59. — Robertson, t. II, Hv. v, p. 233. — Tytler, t. VII, p. 195, 196. — Mrivil, Mémoires, t. I, p. 265, 266.

réclamant sans cesse son extradition , et le désespoir d'une solitude sans fin '.

Plusieure de ses complices subalternes subirent alors le dernier châtiment. Outre Dalgleish et Powrîe , on avait arrêté les deux principaux exécuteura de l'attentat de Kirk of Fleld, Hay de Tallo et Hepbum de Bolton*. Ils s'en avouèrent tous coupables et furent condamnés à périr. Sur l'écbafaud, ils reconnurent qu'ils mouraient justement, et Hepbum de Bolton ne put pas s'empêcher de dire : «Que personne ne commette le mal à Tinstig^ation des hommes puissants ou sur le conseil de ses maîtres dans l'espoir qu'il sera sauvé par eux; car sûrement, la nuit où la chose fut faite, je pensai que, vînt-elle à être connue, personne ne saurait la trouver mau« vaise, tant de mains l'ayant signée et la reine en ayant connaissance*. »

^ Voir le petit volume 10-4*^ de 31 pages et d'ua appendix, intitulé Affaires du conte de Boduel tan 1568, imprimé à Edimbourg en 1829 aux frais du Bannatyne Club , d'après l'origiiia] conservé dans la collection royale à DrottningbQlm en Suède, et Âppendix II.

* Ils furent exécutés tous les quatre le 3 janvier 1568. — Keîtb,p. 467.

* tt He said , let na man do evîll for counsell of greit men, or thair maisteris, tbinking tbay sali save tbame, for surely I tocbt tbat nicbt tbat ye died v^ras done, tbat altocbt knowledge suld bcne gottin, no man durst bave said it was evill done seing ye bande-writtis , and acknowrledgeing tbe quenis mynd ayrto. « Dans Anderson, vol. II, p. 160.

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