‹ Histoire de Marie StuatChapitre 195 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Ces mains trop puissantes furent épargnées. Le bond qu'elles avaient sîg^né et qui les dénonçait avait été laissé par Bothwell à la disposition de Balfour et fut alors brûlé V Ni Lethington, Huntly, Argyle, J. Balfour, qui avaient adhéré par écrit à ce grand attentat; ni Farchevéque de Saint*André, qui y avait consenti ; ni Morton, qui en avait été instruit s'il n'y avait pas pris part, ne furent poursuivis devant cette justice partiale, inexorable ou inactive, selon le rang et les positions des coupables. Le régent n'osa sévir à leur égard. Ils l'avaient élevé, et ils l'auraient aisément renversé s'ils s'étaient unis contre lui. Il ac-^ corda même des faveurs à plusieurs d'entre eux, qui auraient mérité des châtiments. Tandis qu'Argyle restait le chef de la justice, que Huntly continuait à faire partie du conseil privé, I^ethington devenait shérif de Lothian , et Morton recevait la promesse d'être nommé amiral d'Ecosse à la place de Bothwell *.

Dans ce pays de violence , de trahison , d'incon* stance, d'iniquité politique, le régent voulut au

* u The writing which did comprehend tlie names and consenls of tfae chiefs for tfae murdering oFlhe king, is turned inlo ashes, the samc not unknown to the queeti , and the same tliat concerns her part kept to be shown, wbich oFfends her. » Drury à Cecil , 28 novembre 1567, au Stat. Pap. Off., et dans Tyllef, t. Vil, p. 204.

* Drury à Gîcil, 4 janvier 1568, au St. Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 208.

moins faire observer les lois ordinaires et maintenir la sûreté commune avec une austère vigueur. « Il s'appliqua, dit Melvil, à exterminer les voleurs et à rétablir la sécurité sur les frontières. Il ne s'appliqua pas moins à faire administrer la justice au dedans '. » Le parlement, qu'il avait convoqué pour le 15 décembre, fut extrêmement nombreux. Quatre évêques, quatorze abbés, douze comtes, seize lords et fils aines de lords, et vingt-sept députés des bourgs y assistèrent*. Ce parlement exigea l'uniformité religieuse en ratifiant la confession de foi de 1560 et l'entière abolition du catholicisme; il revendiqua des laïques un tiers des biens ecclésiastiques qu'ils avaient usurpés et qui durent être consacrés aux ministres et aux écoles du culte réformé'; il reconnut l'élévation légale du jeune roi sin* le trône d'Ecosse^; il sanctionna la nomination du régent^, et discuta avec passion ce qu'il fallait faire de la reine , que les uns voulaient toujours mettre en jugement et que les autres désiraient seulement retenir en captivité®. Les plus modérés l'emportèrent. Mais afin de justifier les lords confédérés d'avoir pris les armes,

• Mémoires , 1. 1, liv. m , p. 284.

>Keith,p. 465,466.

» Spolliswood, p. 214. — Tyller, t. VII, p. 199 à 202.

* L'acte du parlement, dans Anderson, vol. II, p. 206. ^ L'acte, dans Anderson, vol. Il, p. 215.

•Tytler, t. VII, p. 201.

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