‹ Histoire de Marie StuatChapitre 196 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

emprisonné et déposé leur souveraine , le parlement passa un acte dont les termes incriminaient gravement Marie Stuart. Il y était dit : — « Que la reine » avait mérité tout ce qui lui était arrivé et qui » pourrait lui arriver de fâcheux, attendu qu'elle » avait été complice d'intention et d'effet du meurtre » du roi son légitime époux, ce qui était démontré yr tant par les lettres écrites de sa propre main y avant n et après l'exécution, à James comte de Bodi- >) well , principal exécuteur dudit meurtre , que » par l'impie et honteux mariage qu'elle avait conn tracté avec lui immédiatement après le meurtre » commis'. »

Cette sévère déclaration , qui sans avoir le caractère d'un jugement en avait le sens, rendit plus dure la captivité de Marie Stuart qu'avaient un peu adoucie les recommandations de Murray. Elle fut sur-

^ u That tbe cause and ail thingis dcpendand thairon... wes io the sayd quenis awin default, in sa far as, by divers her previe letteris writtin halelie with hir awin hand , and send by bcr to James Sumtyine Erle oFBothwell, cheif executour of the said horribill murthour, as weill befoir the commitingf thairof as tfaairefter. And by her ungodlie and dishounourabill procediog^ to ane prétendit mariage with him, suddandlie and unprovisitlie thairefter, it is maist ccrtane, that she was previe, art and part of the actuall devise and deid of the foirnamit murthour of the king her lauchfull husband... commiltit by the said James Sumtyme Erle of Botliwell, his compliros and pnrlakeris. » Anderson, vol. Il , p. 221 , 222.

TOM. I. il

veillée de plus près, de peur qu elle ne s'adressât aux souverains étrangers pour réclamer leur appui ou qu elle ne concertât son évasion avec les amis qu elle conservait en Ecosse. Elle ne pouvait écrire que durant les repas ou le sommeil de ses gardiens, dont les filles couchaient même auprès d'elle ^ Mais toutes ces précautions devaient être insuffisantes. Sa beauté, sa grâce, ses malheurs exerçaient un irrésistible pouvoir sur ceux qui l'approchaient. I/un des fils de Marguerite Erskine , George Douglas , frère utérin du régent, se laissa gagner à sa douceur et toucher par ses afflictions. Bientôt même épris de la sédui* santé prisonnière, qui ne découragea point ses espérances^, il résolut de la délivrer. Une première fois, trompant la surveillance de sa mère, il fit sortir Marie Stuart du château sous les vêtements de la blanchisseuse qui lui apportait son linge à Lochle-

* a Je suis g^ueslée de si près , que je n'ay loisir que durant leur diner, ou quand ils dorment , que je me reslesve : car leurs filles couschent avecques moy. » Marie Stuart à Catherine de Médicis, Lochleven , l«' mai 1568. Labanoff, t. II , p. 69. — « Je n'ai ni papier, ni temps pour écrire davantage, sinon prier le roi, la reine et mes oncles de brûler mes lettres; car si l'on sait que j'ai écrit, il coûtera la vie à beaucoup et mettra la mienne au hasard , et me fera garder plus étroitement. » Marie Stuart ik l'archevêque de Glasgow, Lochleven, 31 mars 1568. Labanoff, t. Il, p. 66.

* Drury à Cecil, 3 avril 1568 , dans Keith, p. 469.

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