‹ Histoire de Marie StuatChapitre 197 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ven ' . La captive, ainsi déguisée, avait franchi toutes les portes sans être reconnue. Elle était entrée dans le bateau qui devait la conduire sur l'autre bord où l'attendaient George Douglas , un des Semple et un des Béton ^. Elle se croyait sauvée. Mais, au milieu de la traversée, Tun des bateliei^, la prenant pour ce qu'elle semblait être, s'approcha d'elle, et voulut, en forme de plaisanterie, soulever son voile. Marie y porta vivement la main , afin de ne pas laisser voir son visage, et le batelier, en apercevant cette main belle et blanche *, devina sur-le-champ que c'était la reine qu'il conduisait. Ainsi découverte , Marie fit bonne contenance; elle commanda aux bateliers , sous peine de la vie , de la déposer sur l'autre bord*. Mais ceux-ci, redoutant plus la sévérité du laird de Lochleven que les menaces d'une princesse déposée , la ramenèrent dans la forteresse.

* u There comelh înto ber the landress early as other times before slie was wanted, and the queen... putteth on her weed of the landress , and so with the fardel of cloaths and her rauffler upon her face, passeth out. n Lettre de Drury à Cecîl, Keith, p. 470. — « Ibid.

* a Which after some space , one of them that row'd said merrily : « Let us see what manner ofdame this is, and therewith offered to pull down her muffler, » wîch to défend she put up her hands which they spied to be vcry faîr and whîte ; wherewith they entered înto suspicion whom she was , etc. M Ibid, — * IbifL

Après cette inalbeurcuse tentative du 25 mars', George Douglas avait fui le château, sans s'éloigner toutefois des environs du lac*. La prisonnière, désespérant presque de sa liberté qu'elle avait été si près d'atteindre, passa la (in de mars et le mois d'avril dans les angoisses devenues plus intolérables de la captivité. Elle cherchait partout des soutiens, et elle écrivait à Catherine de Médicis : « J'ai avec graud'peine dépêché ce porteur pour vous faire entendre ma misère et vous supplier avoir pitié de moy '. n Le 1^' mai, elle s'adressait à la reine Elisabeth avec d'ardentes prières , en l'assurant que , si elle lui venait en aide , elle n'aurait jamais une plus affectionnée parente au monde. « Vous pouvés aussi considérer, lui disait-elle, l'importance de l'exemple pratiqué contre moy. » Elle demandait à Dieu de préserver cette reine de toute infortune, et de lui donner à elle-même la patience dont elle avait besoin*. Le même jour elle conjurait Catherine de Médicis et Charles IX de la secourir, et leur disait :

* Keilh, p. 470.

» Keith , p. 471. — Tyller, t. VII , p. 211.

* Marie Stuart k Catherine de Médicis, Lochleven , 31 mars 1568 9 dans Labanoff , t. Il , p. 64.

* Marie Stuart à. Elisabeth , l*"^ mai 1568, dans Latumoff, t. II, p. 68.

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