CHAPITRE II
de Michel de L'Hôpital, et mariée plus tard au duc de Savoie. La cour au milieu de laquelle avait grandi Marie Stuart était alors la plus magnifique, la plus élégante, la plus joyeuse, et il faut i^outer l'une des plus relâchées de l'Europe. Conservant encore certaines coutumes militaires du moyen âge et se façonnant aux usages intellectuels du siècle de la renaissance, elle était moitié chevaleresque et moitié lettrée , mêlait les tournois aux études , la chasse à l'érudition, les spectacles de l'esprit aux exercices du corps, les anciens et rudes jeux de l'adresse et de la force aux plaisirs nouveaux et déli* cats des arts.
Rien n'égalait la splendeur et le mouvement qu'y avait introduits François l" ^ en y attirant la prin* cipale noblesse de France, en y élevant comme pa-
*■ Voir dans le tome Y et dans le tome II de Brantôme aux vies d'Anne de Bretag^ne et de François p', la nouvelle cour commencée sous Tune et portée à sa plus haute splendeur sous l'antre.
François I" avait table toujours ouverte. « Il y avoit, dit Brantôme, sa table, celle du grand maistre, du grand cham** bellan et chambellans , des gentilshommes de la chambre, des gentilshommes servans, des valets de chambre et tant d'autres , et très-bien servies que rien n'y manquoit , et ce qui estoit très-rare, c'est que dans un village, dans des forets, en l'assemblée. Ton y estoit traité comme si Ton fiist esté dans Paris. » T. II, p. 21 1 . — « Dans les festes où il avoit tournois, combats, mascarades, etc., il donnoit de grandes livrées aux hommes et aux dames. » J6w/., p. 209.
42 MARIB 6TUART.
ge« ' les jeunes gentilshommes de toutes les provin*» ces, en Tomant de près de deux cents dames ou demoiselles qui appartenaient aux plus grandes mai» sons du royaume', en la transportant tantôt dans les beaux palais de Fontainebleau et de Saint«Gkr* main qu il avait construits ou embellis sur les bords de la Seine, tantôt dans les châteaux agrandis de Blois et d'Amboise qu habitaient ses prédécesseurs sur les rives de la Loire. Imitateur des exemples pa^ temels , Henri II avait conservé la même magnifi*^ cence à sa cour que dirigeait avec autant d agrément que d'activité la flexible Italienne Catherine de M édicis, formée par François P, qui l'avait admise dans la petite bande de ges dameê favoriteê * avec lesquelles il allait courir le cerf et s ébattre souvent seul dans ses maisons de plaisance ! Les honunes y étaient sans cesse mêlés aux femmes : la reine et ses dames assistaient à tous les jeux et amusements d'Henri II et de ses gentilshommes et raccompagnaient dans ses chasses ^ ; le roi de son côté passait
* Ces pages étaient au nombre de cent trente sous François I*' comme sous Henri II, et il en sortait tous les ans une cinquantaine pour entrer dans Tinfanterie , la gendarmerie ou la cavalerie légère. Henri II les appelait u son plus beau haras. » Brantôme, t. II, p. 353-354.
' M D'ordinaire pour le moins sa court estoit pleine de plus de trois cents dames et damoiselles. • /fr^/.» t. V, p. $6.
' Brantôme 1 1. V, p. 34-35.
' Ibid., t. II, p. 354, 355 et 357.