CHAPITRE VL
remettait ses affaires entre ses mains et n'avait pas recoui's à une assistance étrangère * .
Marie ne fut pas éblouie par ce retour de fortune. Elle préférait un accommodement avec ses adversaires à une lutte contre eux*, comprenant trèsbien que triompher par les armes était non-seulement incertain, mais pourrait être dangereux. Vaincue, eHe retomberait entre les mains redoutables du régent ; victorieuse , elle resterait à la merci des Hamilton , qui avaient le dessein de la marier avec un des leui*s et de gouverner en son nom'. Elle aimait donc mieux pacifier, s'il était possible , les partis , et les balancer entre eux pour n'être soumise à aucun. Elle fit proposer à Murray une réconciliation que négocièrent l'ambassadeur de France et les deux Melvil , Robert et James, dont le premier avait joint la reine et le second était resté avec le régent^.
* Instructions for M' Thomas Leightou sent iuto Scotlaud, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 215, 216.
> Mémoires de Metvil, U I, liv. ni, p. 286, 287.
> « The bishop of Saint-Andrews, and the house of Hamiltoun , and the rest of the lords there convened , findinç themselves in number far beyond the other party, would needs hazard battle, thinkin^ thereby to overcome the régent their great eneiny, and be also masters of the queen , to command and rule ail at their pleasure. » Mémoires de Meivil, cités dans Keith , p. 478, et traduction française , t. I, liv. in, p. 287.
* Ilnd., p. 287, 288, et Drury à Ceci! , lettre du 7 mai 1568, dans Keith, p. 474.
426 MARIE STUÂRT.
Murray était à Glasgow, seul , sans autre escorte que celle de ses serviteurs, et tenant une cour de justice lorsque sa sœur, échappée de Lochleven , était arrivée à quelques milles de lui dans le château d'Hamilton..Tout autre aurait quitté cette ville ouverte , de peur d'y être attaqué et surpris par des forces si supérieures aux siennes. On le lui conseilla. Mais il n en voulut rien faire ^ et sentit que sa retraite de Glasgow serait une marque de crainte et deviendrait le signal d'un abandon universel. Il y resta donc avec une fermeté confiante. Il demanda à réfléchir sur les ouvertures^ que' lui fit Marie Stuart, afin de se donner le temps de réunir des troupes et de livrer ensuite une bataille qui déciderait entre lui et sa sœur, entre les lords du roi et les lords de la reine. Il montra en cette rencontre le coup d'œil et le caractère d'un homme supérieur. Il appela en toute hâte ses amis sous le drapeau du jeune roi. Sa résolution donnant du courage à ceux qui en auraient manqué s'ils l'avaient trouvé inactif et incertain la plupart des anciens barons confédérés et les soldats des villes presbytériennes accoururent auprès de lui. Dunbar lui resta fidèle'; Edimbourg lui fournit quatre cents
* Tytler, t. VH, p. 214.
« Drury k Cecil, 7 mai 1568, dans Keitb, p. 474.— Tyiler, t. Vn, p. 214.
•Tytler, t. Vn, p. 215.