CHAPITRE II
cardinal de Lorraine annonçait en ces termes à sa sœur Tascendant qu'elle avait su y prendre : u Bien vous assureré-ge, madame, que n*est rien plus beau, ne plus honneste que la royne vostre fille ; elle gouverne le roy et la royne ^ »
Lorsque cette charmante princesse approcha de sa quinzième année, Henri II pressa son mariage avec le dauphin. Il écrivit le 31 octobre 1557 aux États d'Ecosse pour les inviter à remplir leurs anciens engagements à cet égard. Les États, assemblés à Edimbourg le 14 décembre, se rendirent à ses vœux , que la régente avait su leur faire agréer, et ils nommèrent neuf commissaires pour aller à Paris sanctionner ce mariage au nom de TÉcosse et assister à sa célébration. Ces commissaires furent l'archevêque de Glasgow, Tévêque de Ross, levéque d'Orkney, le comte de Bothes, le comte de Cassilis, lord James Stuart, commandataire de Saint-André, alors âgé de vingt-six ans; les lords James Fleming et Georges Seaton , et John Erskine de Dun *. Ils devaient, conformément à leurs. instructions, faille promettre avant tout à la reine et au dauphin de conserver l'intégrité, les lois et les libertés du royaume. Cette formalité étant remplie, le contrat fut dressé le 19 avril 1558 aux conditions suivantes : le fils aîné issu de ce mariage devait êti^e roi de
* LAbaooff, t. I, p. 36.
> Keith, p. 72. — Tytler, t. VI, p. 79-80.
ton. I. ^
France, et, b'U n'y avait que des filles^ la fille aînée devenir reine d'hcosse en recevant 4OO9OOO écus comme fille de France , et n*ètre mariée qu'avec le double agrément des États d'Ecosse et du roi de France; le dauphin devait porter le titre et les armes de roi d'Ecosse, et^ s'il mourait sur le trône de France, laisser à la reine sa veuve un douaire de soixante mille livres toutnois ' .
Cinq jours après, le mariage se fit avec la plus grande pompe dans l'église de Notre-Dame. Le car^ dinal de Bourbon le bénit en présence du roi, de la reine ) des princes du sang et de la principale noblesse. Dès que la cérémonie fut terminée » la jeune mariée, qu imitèrent les députés de son pays» salua le dauphin roi d'Ecosse, et, pendant plusieurs jours ) les fêtes ' se succédèrent dans Paris plein de mouvement et de joie. On y célébrait la grandeur et la félicité de la brillante princesse qui semblait appelée à porter heureusement deux couronnes , et qui en moins de dix années devait les perdre l'une et l'autre pour tomber dans un abime de calamités.
La cour de France elle-même contribua à l'y pré-
* Keith, p. 74, et appendix tium. Xl^ p. 17, où est imprimé le contrat.
' Cérémomes du mariage de monseigneur le dauphin avec la rogne (fEscosse, etc. ^ extraites des registres de l'Hôtel-de- Yille de Paris, vol. VI, aux Archives nationales, et publiées par M. Tculet dans les Pièces et documents inéSts relatas à rhistmre (f Ecosse, t. 1, p. 292 à 303.