CHAPITRE II
avait été longtemps conU*aiDte de dissimuler ses sen* timents et sa foi sous le règne terrible de sa sœur, qui Taïu^ait proscrite sans lappui que lui prêta Phi« lippe II. Elle avait vécu suspecte et surveillée loin de la cour, et avait pris cette habitude de fausseté qui s'allia chez elle aux altières et violentes passions qu'elle tenait de son père. Voici comment Tanibassadeiu* vénitien Giovani Michèle dépeint en 1556 cette princesse, alors âgée de vingt-trois ans, peu avant qu'elle montât sur le trône : u Elle n'est pas moins remarquable, disait-il, de corps que d'esprit, bien que son visage soit plus agréable que beau. Elle est grande de sa personne et bien faite. Son teint a
Unam dot Mirioe cogic in imperinm.
£rgo pace poict , Francitce , qaod omnibus ais Mille paires armit non potuere tui.
Ardebat bellis, com te. Francisée, salutat
Nasoentem, cunit Gallia fansta mis.
Pace alitur, cam te regem. Francisée, saluiat
Auspiciis regni faastior illa toi.
Nec mirum : tibi régna tno sunt omnia jnre ,
Dote, aat aeiernis subdita fœderibus.
Kîlligrew et Jones avaient rendu compte de cette entrée k Elisabeth par leur dépêche datée de Blois , le 29 novembre 1559, et imprimée dans Forbes, t. I, p. 266.
Ce qu'il y a de curieux , c'est qu'au moment où le roi de France et la reine d'Ecosse montraient cette prétention au trône d* Angleterre, Philippe H, après avoir cherché à épouser Elisabeth, la défendait auprès du pape, afin qu'il ne la déclarât pas schismatique, et demandait, dans tous les cas, que son royaume ne fût pas donné à d'autre qu'à lui. — Voir les dépêches inédites très-importantes que je publie h ce sujet dans l'appendice A.
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de l'éclat encore qu'il soit olivâtre. Elle a de beaux yeux 9 et par-dessus tout une main magnifique qu'elle aime à montrer. Elle est d'un esprit et d'une habileté admirables, comme elle l'a fait voir en sachant si bien se gouverner au milieu des soupçons dont elle était l'objet et des périls qui l'entouraient. Elle surpasse la ràne sa sœur dans la connaissance des langues. Outre l'anglais, l'espagnol, le français et le latin qu'elle sait comme la reine, elle n'a pas une médiocre connaissance de la langue grecque, et mieux que la reine elle parle l'italien, dont elle se plaît à se servir. Elle est superbe et altière. Bien que née d'une mère décapitée pour adultère, elle ne s'estime pas moins que la reine sa sœur, et se regarde comme aussi légitime qu'elle... On dit qu'elle ressemble beaucoup à son ppre, à qui elle a toujours été chère à cause de cela, qui l'a fait aussi bien élever que la reine, et qu'il a traitée aussi bien qu'elle dans son testament ^ n Aux connaissances les plus
* u Tenut4 non manco bell^ d'apiiDO cfae sia di corpp, ancora che di facpîn si puô dire che sia più fosto gratiosa che bella. I)fa délia persoua é gprande et b^a formata , di lieHa carne ancor che olivastra, belli ocbi et sopra tutto bella inapo délia qnalc ne fa professjqne, d'pnp spirito et itiQeQ^o niirabile^ il che ha sapulo molto ben diqiostrare con Tessersi saputa, nei sospetti et nei pericoli nei quali s*é trovata, ben (j^overnarc. Supera la regina nella cognilione délie lingue; pareil* oltre che con la latina babbia con(;ionta non médiocre cognitione délia greca. Parla di più che non fa la regina Tt-