CHAPITRE II
solides Elisabeth unissait des talents agréables. Elle était excellente musicienne et dansait en perfection K Certains dons de la personne *, tous les attraits de
taliana nella quale si compiace. Ë superba et altiera, che se bene sk dresser nasciuta d'una tal madré publicamente decapitafa, perè non si reputa ne stima manco che faccia la reçina, ne si tiene per manco l^itima... 8e tiene superba et gloria per il padre, al quale dicono ch'é anoo più simile, et per cio gll fu sempre Cfira, et fatta nodrire da lui corne fû la regina et nel testamento cosi beneficata corne quella. » Reladone del clarissimo M. Giovan Michèle , tomato dalla serenissima regina Maria (flnghilterra tanno 1557. Mss. de la BiblioUièqne nationale) fonds Saint-Germain Harlay) supplément n** 225, in-4**, fol. 184 recto et verso.
* « Elle prend grand plaisir au bal et à la musique. Elle me dit qu'elle entretenoit pour le moins soixante musiciens; qu'à sa jeunesse elle avoit fort bien dansé , et qu'elle composoit les baletS| la musique, et les jouoit elle-mesme et les dansoit. > Journal manuscrit de Hurault de Maisse, envoyé vers Elisabeth par Henri IV en 1596, un peu avant la paix de Vervins, folio d91 verso, aux Archives des affaires étrangères* — « Elle me dict que quand elle vint h la couronne qu'elle sçavoit six langues mieux que la sienne; et parce que je luy dis que c'estoit une grande vertu à une princesse, elle me dict que ce n'estoit point merveille 'd'apprendre une femme à parler, mais qu'il y avoit bien plus iSi faire à lui apprendre à se taire. » Ibid.y fol. 410, v^.
' C'est ce que confirme une dépêche inédite de l'ambassadeur Michel de Castelnau, qui écrit en 1565 à Catherine de Médicis à propos du mariage alors négocié entré Elisabeth et Charles IX : « Je ne la vis jamais plus belle ni plus jolie , et vous promets qu'il y a telle fille de quinze ans qui pense estre belle et qui n'en approche point. »
Tesprit ' , tous les ornements d'une brillante culture, beaucoup d'originalité sans assez de grâce, les ressources d'une imagination animée et forte la faisaient remarquer comme femme, en même temps que son jugement fin et pénétrant, son application profonde, son caractère hautain et adroit, son active ambition la destinaient à être une grande reine.
Le jour de son avènement elle se montra ce qu'elle fut tout le reste de sa vie. Elle prit possession du trône avec aisance et passa de l'oppression au commandement sans surprise et sans gêne. Adoptant la politique qui devait faire la grandeur de son règne, elle la suivit et ne la précipita point. On ne peut pas dire qu'elle fût zélée protestante; mais elle était éloignée du catholicisme comme de la religion qui avait opprimé sa jeunesse et qui menaçait sa couronne. Elle était plus portée à la détester qu'à la contester. Elle disait n'avoir lu ni Luther ni Calvin, mais saint Jérôme et saint Augustin, et elle trouvait que les différences entre les divei'ses communions chrétiennes étaient au fond bien peu de chose *. Elle
* u Elle est vive du corps et de Tesprict et adroitte ù tout ce qu'elle faict. » Ibid., fol. 286, V.
' u Elle me dict que s'il y avott deux princes en la chrestienté qui eussent bonne volonté et du courage, qu'il seroit fort aisé d'accorder les différends de la religion , qu'il n'y avoit qu'un Jésus-Christ et une foy, et que tout le reste dont on disputoit n'esloit que bagatelle... Elle me jura n'avoir ieu aucun des livres de Calvin , mais qu'elle avoit veu les