‹ Histoire de Marie StuatChapitre 32 sur 214 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

réconciliation du comte d'Arraii et du cardinal Beaton n'avait point arrêté ses progrès, bien que le chef repentant de TÉtat ne les favorisât plus et que le chef enhardi de l'Église mît tout en oeuvre pour les combattre. Une tentative de meurtre avait même été dirigée contre Wishart; mais elle n'avait pas réussi, et il ne prêchait plus qu'entouré d'un cercle de barons et d'hommes armés. A la fin cependant, surpris la nuit dans le bourg d'Ormiston par le comte Patrick de BothwelP, que suivait un détachement de soldats, il avait été livré au cardinal Beaton, qui l'avait fait brûler vif le 28 mars 1546. Sa mort avait exalté au dernier point la haine du parti protestant contre le cardinal, que seize hommes déterminés , conduits par Normand Lesly, fils aîné du comte de Rothea', avaient surpris à son tour dans le château de Saint* André, où ils l'avaient égorgé avec une férocité fanatique, et pendu ensuite ignominieusement aux créneaux de la forteresse *.

Cet attentat avait inspiré une gronde horreur et nui extrêmement à la cause protestante. Les chefs de celle-ci, parmi lesquels était Knox, dont Wishart s'était affectueusement séparé avant d'être pris, en

* Troisième comte de Rothwell et père du fameux James Bothweli qui joue un si (prand rôle dans cette histoire.

' George Lesly, troisième comte de Rotbes. Les Lesly s'ëtaiept établis en Ecosse au douzième siècle.

• Knox, Histortf ofthe reformations t. I, p, 139 à 177. *— Keîth, p. 41 à 43.

lui disant : u Partez; un seul suffit à un sacrifice ', » poursuivis plus que jamais, s^étaient enfermés dans le château de Saint- André, y avaient été faits prisonniers après un siég^e de cinq mois, et avaient été transportés en France. Us y avaient été retenus dans une dure captivité, et leur parti abattu ne s'était relevé qu'au moment où Marie de Lorraine avait eu intérêt à le favoriser pour obtenir la régence et gouverner VEcosse sans trouble. Alors il avait repris des forces nouvelles, et Knox, qui avait passé plusieurs années enchaîné sur les galères de France*, était revenu l'animer de son esprit et de son audace.

Cet aventureux réformateur était dans la vigueur de l'âge, et il avait acquis par ses talents, ses services et ses souffrances une influence extrême en Ecosse. Né en 1505, élevé à l'école d'Haddington, puis à l'université de Saint-André, où il avait appris avec Bucbanan la théologie sous Jobn Major qui s'était formé en France aux doctrines indépendantes de d'Ailly et de Gerson , il était devenu le disciple errant de Wishart et le triste prisonnier de Henri II. Des trois langues cultivées par les lettrés et les no-

' « Nay, returoe to your barnes, and God blisse you. One 18 suffîcient for ooe sacrifice. • Knox> History of the refor-madon, 1. 1, p. 139.

' a Knox with some others, was confined on board the Galleys, bound with chains, and in addition to the rigours of ordinary captivity, exposed toall the indig^nilies. » M'Crie, t. I, p. 67, 68.

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