‹ Histoire de Marie StuatChapitre 35 sur 214 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de Mems ; d autres ministres gagnaient des partisans dans d'autres districts ' , et partout continuaient les assemblées privées, où le frère le plus instruit de la congrégation lisait FEcriture sainte qu'il faisait suivre de ses pieuses exhortations. La régente somma tous ces propagateurs d'une croyance inteixlite de comparaître devant elle pour rendre compte de leur conduite. Ils vinrent, mais tellement bien accompagnés des gentilshommes de leur parti que la régente se borna à leur prescrire de se rendre aux districts des frontières. Ils n'obéirent point à cet ordre. Un des barons de l'ouest, Chalmers de Catgirth , entouré des autres gentilshommes réformés , s'éleva même avec une hardiesse menaçante contre les persécutions dont ils étaient l'objet de la part du clergé, u Les évêques, dit-il à la régente, nous oppriment, nous et nos pauvres tenanciers , pour que nous les nourrissions. Us attaquent nos ministres et travaillent à les perdre ainsi que nous. Nous ne le souffrirons pas plus longtemps. » A ces mots, ses compagnons, qui étaient demeurés debout et la tète découverte, se revêtirent fièrement de leurs casques de fer, comme s'ils portaient un défi *.

La régente fut contrainte de leur accoixler une tolérance tacite. Mais bientôt excités par Knox qui les dirigeait du fond de sa retraite, les barons et les

* Keiih, p. 64, 65.

' Tytler, t. VI, p. 95, 96.

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gentilshommes protestants s'assemblèrent le 3 décembre 1557, décidèrent par un cnvenant (ligue) de pi^atiquer ouvertement leur culte ^ de s'élever non moins otivettement contre les cérémonies de Tancienne croyance^ et fol*mèrefit un gôuvernefaient insurrectionnel dans TEtat sous le nom de lords de la congrégation ' < Les comtes de Glencairn , d'Ar-gyle^ de Motton, le {>rieur de Saint-André, Erskine de Dun , etc. , furent les principaux lords de la eongrégation ' qui plaçait le nouveau culte soUs la protection d'un pouvoir tiouveau^

Les deux partis ainsi organisés restèrent encore quelque temps en pi^ésence sans en venir aux mains. La régente continua à ménager les protestants jusqu'à ce qu'elle eut marié sa fille avec le dauphin $ et que l'union de l'Espagne et de l'Angleterre eilt cessé par la mort de la catholique Marie et l'élévation au trône de la protestante Elisabeth. Maiâ alors s^ ménagements disparurent. Dans les premiers mois de 1559, elle s'associa aux desseins dangereux de la cour de France , qui voulait assurer à Marie Stuart la possession de l'Angleterre comme celle de l'Ecosse, en s'appuyant sur les catholiques des deujt royaumes. La régente, consacrant par son autorité les décisions d'un synode d'évèques, condamna tou-

* Ce premier covenani est dans Kéîth , p. 66. — ^ Knox , History, etc., t. I, p. 273.

* Keîth , p. 68 et 69.

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tes les innovations introduites eh Éeossé, et y exi^a le rétablissement complet de l'uniformité religieuse '. Â cette déclaration d*intoléranee lé parti protestant l^épondit par Une menacîe de révolte.

La guerre déiiohcée ainsi de part et d'autt'é ne tarda poltit à éclater. Plusieurs villes , et etttt^ autllïs Dundee j Montrose et Perth , avaient embrassé ouvertement la réforme. Knok était accouru de Genève appelé par les lords de la congrégation , et ^ au commencement de mai 1559', il avait reparu en Ecosse pour y hester cette fois. Ses prédications ardentes contre les cérémonies et les institutions du catholicisme portèrent une multitude Violente et fanatique à renverser les imagés , à abattre les eou- Vents, à ravager les monuments dé la vieille croyance. Ce fut à Perth que commença cette dévastation •, bientôt imitée ailleurs , et la régente datis sa colère menaça de raser cette ville jusqu'à ses fondements et d'y semer du sel *.

Elle assembla donc ses forces et se prépara à attaquer Perth, que les lords de la congrégation se

* Rnox, History, etc., 1. 1, p. 291 à 294. — M'Crie, 1. 1, p. 248 à 255.

> M'Crie, t< I, p. 237 à 246. — Knox, History, elc, t. I, p. 318.

» M'Crie, t I, p. 257 h 260. — Knox, 1. 1, p^ 321-22^23. — Keith, p. 84^85.

* Knox, t. I, p. 324. — Tyiler, t. VI, p. 118.

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disposèrent à défendre. Elle y entra néanmoins à la suite d'un arrangement dont elle n'observa pas les conditions. Alors Tarmée de la congn^ation, à la tête de laquelle étaient lord James , le comte d'Ârgyle et qu'avait jointe sir William Kirkaldy , laird de Grange ' , un des plus vaillants et des plus expérimentés soldats de TLcosse, s'avança de Saint-André sur Perth , qu'elle reprit le 25 juin. Elle prévint la régente dans Stirling, dont elle s'empam, entra dans Linlitbgow , et marcha sur Edimbourg y où elle pénétra le 30 juin. La capitale du royaume tomba au pouvoir du pi'otestantisme, et là, comme dans tous les pays où passa l'armée de la congrégation et où prêchèrent ses ministres , la révolution s'accomplit par la ruine des couvents , le renversement des autels, le bris des images et la cessation violente du culte catholique '.

Dans cette lutte qui devait être décisive , les pix>-

* Fils aine de James Kirkaldy de Grange, (j^raad trésorier de Jacques V. Ije laird William avait sa baronnie dans le Fifc, h un mille au nord-est de Rin|][horn. Il avait été un des premiers barons d^Ëcosse qui avaient embrassé la réforme. Il avait figuré depuis long^temps dans toutes les affaires de re- ]i(j;ion et de guerre en Ecosse. Fait prisonnier dans le château de Saint-André, il avait été conduit en France et enfermé au mont Saint-Michel. Voir Rnox, Histon/y etc., t. I, p. 90, 106, 115, 174, 175, 182, 205, 225, 228, 230, etc.

* Knox, t. I, p. 336 h 364. — M'Crie, 1. 1, p. 259 à 276. --Keith,p. 90à94.

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