CHAPITRE II
pas attendu sa lettre pour les exprimer devant Elisabeth. II avait rédigé le 5 août» avec la profondeur politique qu il mit quarante ans au service de sa souveraine » une note sur ce qui était néce$$aii'e afin de recouvrer complètement l Ecosse, « L'Ecosse, y disait-il, ne sauitiit arriver à une entière prospérité que par deux moyens , ou en se liant d'une amitié perpétuelle avec l'Angleterre, ou en ne formant qu'une seule monarchie avec l'Angleterre. Afin d'é* tablir une anùtié perpétuelle enti-e les deux pays, il faut an'acher l'Ecosse à l'influence de la France, ancienne ennemie de l'Angleterre. Aussi longtemps que l'Ecosse restera sous l'influence française, cet accord est impossible, » Pour la soustraire à cette influence, Gecil conseillait à la reine sa maîtresse de la secourir, et il indiquait les mesures que les Étate d'Ecosse devaient prendre, mesures qui tendaient k expulser les troupes françaises, à exclure de tous les emplois publics 9t de tous les commandements milîtwes les étrangers , à former un con*seil de gouvernement indépendant de la reine; et, si celle*ci n Voceptait pas ces conditions, à transférer l'exercice de l'autorité souveraine à l'héritier le plus proche de la couronne. Il terminait en disant : « Une fols l'Ecosse libre , elle saura trouver les moyens d unir les deuii royaumes \ »
Elisabeth hésitait. II n'y avait pas encore un an * Keithy jéppendàxy p. 33.
qu elle était sur le trône, où elle ne se sentait pas entièrement affermie. Elle n'avait aucun penchant pour la réforme presbytérienne , qui détruisait la hiérarchie dans l'Église et introduisait Tesprit de faction dans TËtat. A la crainte de ce protestantisme subversif s'ajoutait chez elle la haine de Thomme qui en était le principal promoteur, Knox ayant blessé son orgueil ix>yal par un écrit violent qu'il avait publié contre le gouvernement des femmes du temps de Marie Tudor^ Enfin le traité récent de Cateau-Cambrésis semblait lui interdire tout acte d'hostilité à l'égard de la France et de l'Ecosse. Cependant, comme elle se conduisait toujours d'après l'utilité présente, et comme François II et Marie Stuart la dégageaient de ses obligations envers eux en méconnaissant ses droits à la couronne d'Angleterre dont ils usurpaient le titre , elle se décida à défendre les lords confédérés. Elle entra ainsi dans les voies qu'elle devait suivre toute sa vie contrairement à ses doctiînes et conformément à ses intérêts.
Mais elle ne vint d'abord en aide aux insurgés d'Ecosse que d'une manièi*e faible et couverte. Sir Ralph Sadler leur porta de sa part 3,000 livres sterling , et s'entendit avec eux pour qu*ils transférassent le pouvoir suprême de Marie de Lorraine
' Cet écrit avait pour titre : te Premier son de la trompette contre le gouvernement des femmes.