CHAPITRE
France, il serait bien de les couvrir de honte à la face du monde ; et , si la jeune reine doit sui*vivre à sa mère, elle devrait les condamner tous comme ^^ des sujets lâches et dénaturés '. »
En exécution du traité de Berwick, une flotte anglaise entra dans le Forth au printemps de 1560, et une armée de six mille hommes de pied et de deux mille chevaux pénétra en Ecosse sous le commandement de lord Grey . Elle fut jointe à Preston par huit mille confédérés à la tête desquels était le duc de Chàtellerault '. Dès ce moment les Français ne purent plus tenir la campagne contre des forces qui étaient beaucoup trop supérieures aux leui*s. Us se replièrent sur Leith, et ils s'enfermèrent dans cette place qui gardait le golfe du Forth et était le port d'Edimbourg. Bloqués du côté de la mer, pressés du côté de la terre, ils soutinrent dans Leith un siège mémorable. Ils firent des sorties hem*euses, et résis- • tèrent longtemps avec une v|ileur brillante aux attaques de l'ennemi. Mais la cour de France ne leur envoyait aucun renfort. Elle en était détournée par le mauvais état des finances ' et par la lutte qui venait
* Lettre ms. au Stat. Pap. Off., 17 févr. 1560, intitulée: Answer made to the French ambassador, by sir William Cecil. Citée par Tyller, t. VI, p. 183.
» Tytler, t. VI, p. 184, 185.
* En envoyant les 80,000 livres, dont Béthencourt avait porté 40,000 en juillet 1559, François II avait dit qu'il étiiit
d*éclater dans le royaume entre les protestants et les catholiques, les princes de la maison de Bourbon et ceux de la maison de Lorraine* T^ conjuration d' Amboise , découverte au mois de mai^ ^ avait r^ j^k
duit le duc de Guise et le cardinal de Lorraipe à se ^^
défendre eux-mêmes sans qu'ils pussent secourir la régente d'Ecosse leur sœur. Cet abçmdon forcé rendait d autant moips tenable la position des troupe assiégées dansLeith que toute la noblesse, y copipfis le comte de Huntly, chef des catholiques ^ s'élit imie contre la domination et la présence de^ étrangers.
L'évêque de Valence Montluc, envoyé par M^rie Stuart et par François II pour gagner du temps ep négociant une réconciliation entre la régente et la noblesse insurgée, échoua dans cette ipission *. La régente elle-même ne fut psis plus heureuse daps
eippéché de faire davantage par : « les grandes et incroyables sommes de deniers qu^il esfoit contrainct payer et desbourser pour l'effect et exécution des clioses promises par le traicté (de Cateau-Cambrésis) ; principalement pour payer les gens de guerre qui estoient dedans les places qui $ç doivent rendre, et se descharger des estrangers, tant de pied que de cheval... payement aussi des mariages de mesdames ses filles et sœur, >ï etc. Négociations y etc., relatives au règne de Frçast'çois 11 y p. 12.
*Tytler, t. VI,p. 186, 187.
' Lettre de Lethington à Cecil, du 25 avril 1560. M». St. Pap. Off., et dans Tytler, t. VI, p. 187.