‹ Histoire de Marie StuatChapitre 42 sur 214 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

unp conférence qu elle eut avec quelques-uns des confédérés qui exigeaient ^vant tout l'évacuation du royaume par les Français *. A la fin cette princesse, accablée de fatigue et de soucis, tomba mortellement malade. Elle se Çt transporter dans le çbàteau d'iujifnbourg, où la reçut lord Ei^kine. Là, sentant apprpcber le terpie de sa vie qu'avaient hâté les troubles du royaume, les douleurs de la dépossessioq , les inquiétudes de la défense, le chagrin d'être placée eqtre les exigences contraires des Rossais, avec lesquels elle aurait voulu s'entendre, et des Français, auxqqels il lui fallait obéir, elle désim entretenir encor^s une fois les chefs des çor|fédérés ava^t de mourir. Le duc de Cbâtellerault, les comtes d'Arg^'le et dcGlencairn, le comte Marshall et lord James se rendirent auprès d'elle. La régente les accueillit avec son ancienne cordialité et sa naturelle bienvei)* lance. Elle leur parla tristement de l'état malheureux du royaume qu elle avait gouverné plusieurs années dai)s l'unipp et dans la prospérité, leur exprima le regret d'avoir été contrainte de suivre les ordres qui lui étaient venus de France, et leur conseilla de fenvoyer à la fois les troupes françaises et les troupes anglaises, en les engageant né^mpins à préférer l'alli«^nce du pays qui ne pouvait pas menacer leur iudépenclance nationale. Après ces sages conseils, qu'elle

* Lettre de Lethington à Cecil, du 14 mai 1560. Ms. Stat. Pap. Off., dans Tyller, t. VI, p. 188, 189.

était libre de donner et qu elle n'avait pas été libre de suivre, elle les embrassa tous et tendit la main aux nobles d'un rang inférieur qui les avaient accompagnes. Ces adieux d'une reine mourante, dont w;

presque toutes les fautes étaient l'œuvre d'autrui, et dont le bon sens et la douceur résistaient à l'épreuve des ressentiments et de la mort, les émut, et ils se séparèrent d'elle en fondant en larmes ^

Marie de Lorraine ne survécut pas longtemps à cette scène touchante. Elle mourut le 10 juin 1560. Après elle, l'autorité légale manquait entièrement du côté des Français, puisqu'il n'y avait ||Ius de régente et que la reine était bore du pays. Ils ne se trouvaient pas plus en état qu'en droit de soutenir désormais la lutte, pressés comme ils l'étaient dans Leith et ne pouvant pas compter sur les renforts de la France, livrée à des divisions profondes et paralysée par un commencement de guerre civile. La paix devenait dès lors«névitable, et elle devait se conclure aux conditions qu'imposaient les confédé-r rés d'Ecosse.

Elle se négocia à Edimbourg, entre Cecil et Nicolas Wotton, commissaires d'Elisabeth, les évoques de Valence et d'Amiens, La Brosse, d'Oysel et Randan, commissaires de François II et de Marie Stuai*t. Elle fut signée les 5 et 6 juillet avec les clauses

* Lettre de Randolph à Cccîl, 7 juin 1560. Ms. Stat. Pap. Off., dans Tyller, t. VI, p. 189, 190.— Keich, p. 127, 128.

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