‹ Histoire de Marie StuatChapitre 43 sur 214 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

suivantes : les troupes françaises durent évacuer rÉcosse; les fortifications de Leith être démolies; les souverains de France cesser de prendre les armes et le nom de roi et reine d'Angleterre; le duc de Cbâtellerault et les nobles écossais qui possédaient des terres en France recouvrer dans ce royaume les biens et les titres dont ils avaient été privés depuis leur rébellion; les hautes places de chancelier, de trésorier, de contrôleur, être conférées non à des ecclésiastiques mais à des laïques, et la garde comme l'administration du royaume n'être plus confiées désomi^is à des soldats et à des dignitaires étrangers. Lif conduite des affaires dut appartenir à un conseil composé dé douze membres, dont sept à la nomination de la reine et cinq à la nomination des États, conseil chargé d'introduire un meilleur ordre dans le gouvernement du pays. Il fut convenu qu'un parlement libre s'assemblerait au mois d'août '.

Telles furent les principales stipulations du traité d'Edimbourg, qui consacrait la défaite de la France et le triomphe de l'Angleterre en Ecosse. II y rendait le gouvernement, de royal, aristocratique. Il y r préparait le renversement de l'ancienne religion sous

L l'effort victorieux du parti de la réformation et as-

surait ainsi à l'aristocratie féodale l'appui de la démoa*atie presbytérienne. Les deux commissaires

* Toutes l'es pièces se trouvenl clans Keilh, p. "130 à 143.

d'Elisabeth avaient senti toute 1 utilité 4'un pai^eil traité pour elle et ils lui avaient immédiatement annoncé sa conclusiop. « Ce traité , lui disaient-ils , vous procurera finalement cette conquête de TËcosse que nul de vos prédécesseurs, avec toutes les batailles gagnées, n'a jainais pu obtenir, en vous donnant les cœui*s et les bonnes volontés de la noblesse qqî profiteront plus à FAngleterre que ne le feraient les revenus mêmes de la couronne ^ . »

Après que la domination étrangère eut été renversée en Ecosse, restait à y consomnier la révolution religieuse. Les lords de la congrégation maintinrent étroitement leur ligue j^squ à ce que cett» grande entreprise fut achevée. Entre la signature du traité qui les £^vait débandasses de toute résistance et la réunion du parlement qui devait les conduire à leur but, ils agitèrent le pays popr se le rendre partout favorable. Leurs prédicateurs se répandirent de tous les côtés ^, et lorsque le parlement s'assembla, Vimmeqse majorité de ses membres se montra décidée à

* « That tlie treaty would be no small augmentation to her honour in this beginning of her reign, that it would finally procure that conquest of Scotland which none of her progenitors with ail theîr battles ever obtained, namely, the whole hearts and goodwills of (he nobility and people, which surely was better for Ënglaiid than the revenue of the crown. » Lettre de Cecil et de Wotton à la reine Elisabeth, 9 Juillet 1560. Ms. Stat. Pap. Off., et dans Tytler, t. VI, p. 198.

«Keith,p. 145.

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