CHAPITRE II. 9i
chaiigpr la constitution religieuse de riicosse * . Les barons inférieurs, qui n'y venaient plus, y reparurent en cette occasion extraordinaire et y reprirent le droit de voter. Le banc ecclésiastique fut presque désert*^ la plupart des évêques et des abbés qui y siégeaient autrefois ne se souciant pas d'assister à la ruine de leur Église. Les lords des articles furept presque tous pris dans la congrégation , et le parlement s'ouvrit sous la présidence de Lethington, dqnt le caractère s'accommodait à toutes les situations et qui devait mettre longtemps son habileté au service des causes triomphantes. Le pouvoir royal y était représenté par les signes muets et impuissants d'une couronne , d'un sceptre et d'une épée placés sur le ti'ône vide*. Éloigné et affaibli, ce pouvoir était devenu incapable de diriger et de contenir l'assemblée révolutionnaire qui avait reçu la mission d'achever l'œuvre poursuivie depuis plus de vingt ans par les réformateurs avec des vicissitudes variées et des progrès continus. Une pétition violente des plus zélés réformateurs , approuvée sinon composée par Knox, demanda à ce parlement de rétablir la discipline primitive qu'avaient fondée les apôtres, de proscrire l'Église romaine, de supprimer le clergé catholique, de condamner la doctrine de la transsubstantiation et l'adoration du corps de Jésus-
* Lears noms sont dans Keitb, p. 146, 147. « Tytier, t. VI, p. 206. — » Ibid.
n MARIE STUART.
Christ dans le pain , de se prononcer contre le mérite des œuvres, le purgatoire, les pèlerinages, les prières adressées aux saints , en un mot d'abolir les sacrements et les cérémonies de l'ancien culte qu'attaquaient presque tous les novateurs de l'Europe, et de priver le clergé du droit de siéger et de voter désormais dans l'assemblée des États ^ Le parlement obéit à la plupart de ces impérieuses injonctions : il satisfit les réformateurs, en adoptant Teur croyance, et les nobles , en leur laissant une partie des biens du clergé.
Il demanda ime confession de foi aux ministres réformés , qui la rédigèrent en quatre jours. Cette confession eut pour fondement le Credo des apôtres et se rapprocha des articles de l'Eglise d'Angleterre sous Edouard VI ; les doctrines de Knox qui y prévalurent étaient à peu près les mêmes que celles de Calvin. Le parlement la sanctionna le 17 août pour ainsi dire par acclamation *. Les seuls lords temporels qui ne l'approuvèrent point furent les comtes de Cassilis et de Caithness , et parmi les lords spirituels il n'y eut que le primat archevêque de Saint- André , les évêques de Dumblane et de Dunkeld , qui, sans se refuser à la réforme des abus, demandèrent du temps pour opérer cette réforme avec
* Tyiler, t. VI, p. 208, 209. — Keith, p. 149.
* Knox, History ofthe reformations etc. , t. II, p. 95 à 128. — Keith, p. 149, 150.