CHAPITRE II
maturité et réflexion *. Les réformés victorieux devinrent, comme cela n'arrive que trop, de proscrits, intolérants. Us abolirent par des actes successifs la foi catholique et la juridiction pontificale dans le royaume. Ils établirent une pénalité terrible contre ceux qui célébreraient la messe ou qui y assisteraient, et les condamnèrent, la première fois à la confiscation de leurs biens, la seconde au bannissement, la troisième à la mort*.
Les ministres de la nouvelle Église d'Lcosse dressèrent ensuite le Livre de discipline ^, destiné à régler parmi eux le gouvernement chrétien. Ils désapprouvaient la hiérarchie anglicane presque autant que la hiérarchie romaine, et l'appelaient un reste de superstition et d'idolâtrie de nature à offenser les hommes pieux. Aussi , tout en prescrivant l'obéissance aux princes et aux magistrats, et en déclarant ennemis de Dieu et des hommes ceux qui tenteraient d'abolir le saint état des pouvoirs civils ^, ils ne reconnurent point , comme en Angleterre , le chef
* Tytler, t. VI, p. 214, d'après deux lettres ms. de Lethingrton et de Randolph à Cecil.
' Les actes sont dans Keith, p« 151. — Knox, t. II, p. 123 à 130.
* Book of discipline.
* Prpnounces ail wbo atteinpt to abolish the Hoiy state of civil paBcies, as enemîes alike to God and man. — Tytler, t. VI, p. 213. Voir le chap. xxiv, sur les Magistrats civils , dans Knox, t. Il, p. 118.
94 MARIE STUAHT.
de FEtat poui* le chef de l'Église. La souveraineté religieuse appartint au peuple, qui fut la source de l'autorité ecclésiastique. Seul il désigna les ministres par l'élection ; mais ces élus de la société.chi'étienne durent, avant d'être admis au ministère évangélique, être examinés publiquement par les ministres et par les anciens de la congrégation, sur les points fondamentaux de la foi et les dissidences de doctrine entre l'Église pontificale et l'Église presbytérienne. Après cet examen, sans recevoir même l'im- • position des mains usitée du temps des apôtres^ ils étaient introduits parmi les frères, et piquaient le service de l'église à laquelle ils avaient été nommés. Us administraient les sacrements du baptême et de la Cène , prêchaient la parole de Dieu et lisaient les prières communes ainsi que les Ecritures saintes. Ce dernier office était rempli par de simples lecteuw dans les lieux où il n'y avait pas de pasteurs constitués. Des diacres étaient élus pour recevoir les revenus et distinbuer 1^ aumônes de l'Église.
Le royaume fut divisé en dix diocèses, à la tête desquels durent être placés dix ministres investis du titre de surintendants ^ Obligés de parcourir leur district religieux, ils devaient y prêcher trois fois la semaine, y pourvoir à l'établissement complet de
* Leur résidence était h Orkney, Ross, Argyle, Aberdeen, Brechin, Saint- Andrews, Edinburçh, Jedburgh, Glasgow el DiiiTifries. — Knox, t. [[, p. 203, 204.