CHAPITRE II
les vinf][t- quatre membres les plus importants du parti victorieux*. Sir James Sandilands de Calder, prieur des chevaliers de Saint- Jean-de-Jérusalem, fut envoyé en France, afin d'y communiquer à Marie Stuart et à François II les mesures qui venaient d'être prises et leur en demander la ratification^; mais Marie Stuart et François II, comme souverains et comme catholiques, ne pouvaient pas simctionner la révolution qui changeait les conditions de la monarchie et les croyances du pays. L'usurpation de l'autorité suprême par la noblesse d'Ecosse, la conclusion d'une alliance avec une puissance étrangère , la déposition de la régente , la ccm vocation d'un parlement sans le concours et l'assentiment de la royauté, le changement de culte opéré par délibération publique, la formation d'un conseil de régence par une assemblée, les irritèrent au dernier point. lisse sentaient déchus, sans être détrônés. Le cardinal de Lorraine se plaignit amèrement à lambassadeur d'Angleterre Throckmorton de l'appui que la reine Elisabeth avait donné à de pareils actes de rébellion*. «Les Écossais, lui dit-il, ne
*Tyller,t. VI, p. 221.
>Knox, t. n, p. 125, 126.
* Ils avaient déjà adressé le 20 avril 1560 une Protestation
fi la reine d Angleterre et à son conseily au sujet des hostilités
commises en Ecosse par les Anglais. La reine Elisabeth y
avait fait : Besponsum ad protestationeni qxuun orator régis
remplissent aucune de leurs obli{][atians de sujets. Le roî et la reine d'Ecosse ont vis-à-vis d'eux le titre de souverains; la reine votre maîtresse en a la réalité, puisqu'elle possède leur obéissance'.» Lorsqpe Throckmorton vint demander à Marie Stuart de ratifier le traité d'Edimbourg, elle le refusa péremptoirement , et lui dit avec vivacité : " Mes sujets en Ecosse ne font nullement leur devoir. Je suis leur reine; ils m'appellent de ce nom, mais ils ne se conduisent pas comme des sujets. Je leur apprendrai leur devoir*. »> Throckmorton lui ayant objecté que si elle n'acceptait pas le traité d'Edimbourg, elle rendrait ses intentions et celles du roi son mari suspectes à la reine Elisabeth, et paraîtrait conserver ses prétentions sur l'Angleterre dont elle n'avait pas cesse de porter les armes , elle le congédia avec une réponse fort peu satisfaisante '.
Malgré tout son mécontentement, Marie Stuart se trouvait hors d'état de réduire par la force ses sujets à leur ancienne obéissance. Les troupes françaises avaient évacué Leith, et le roi François II
Gallorum nomine sin principis^ etc. Ces deux pièces sont publiées dans l'ouvrage récent de M, Teulet , Pièces et docu^ ments relatifs à (histoire dÉcossCy t. I , p. 429 à 436, et 436 à 459.
^ Throckmorton k Elisabeth, 17 novembre 1560, au Stat. Pap. Off., et dans Tyller, t. VI, p. 224, 225. » IhiiL, p. 226. ^ •* IbitL, p. 226, 227.
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