‹ Histoire de Marie StuatChapitre 5 sur 214 · CHAPITRE PRËMIËU · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRËMIËU

Stuarts et les Douglas, qui marchèrent les uns contre les autres à la tête de forces égales. Les deux armées , de quarante mille hommes chacune , se rencontrèrent sur les bords de la petite rivière de Carron. 11 fallait que les Stuarts abattissent les Douglas ou que les Douglas dépossédassent les Stuarts. Les Stuarts l'emportèrent par la crainte même qu'inspira^ à la noblesse la puissance déjà trop grande de la fière et ambitieuse maison qui l'aurait menacée d'un joug plus redoutable que celui de la maison régnante si elle avait été victorieuse. Jacques de Douglas , abandonné d'une partie des siens, fut battu, dépossédé et banni. Avec lui succomba la branche des Douglas noirs , dont les possessions furent partagées entre les Douglas roux de la branche d'Angus, les Hamilton de l'ouest, les Scott de Buccleuch du sud, trois fa* milles qui s'élevèrent sur les débris de la famille renversée sans qu'aucune devint aussi considérable qu'elle*

L'entreprenant Jacques II ne survécut pas longtemps à ce succès , qui le rendit redoutable à sa no* blesse. Il périt en 1460, à l'âge de vingt-neuf ans, d'un éclat de canon devant Roxburg. Cette mort lui en épargna probablement une semblable à celle qu'avait subie son père et qui était .réservée à son fils. Jacques III, laissé mineur, continua l'œuvre de ses deux prédécesseurs lorsqu'il fut en âge de gou-

vemer. Mais il le fit sans discernement et sans iénergie. Entouré de ministres et de favoris tirés des cbsses populaires^ il mit son autorité dans des mains qui devaient la compromettre et ne pouvaient pas raccroitre. Au lieu de diviser \à noblesse , il l'unit tout entière contre lui et se montra aussi timide qu'inhabile. Ep 1482 les barons écossais lui arrachèrent ses favoris roturiers, qui furent pendus sur le pont de Ijauder, et en 1488 ils lui livrèrent )iat» taille à Sânçbie et l'égorgèrent dana sa fuite.

Alarmé ou éclairé par leur sort également funeste, Jacques IV ne suivit pas les traces de ses ancêtres. Il s'entendit avec la noblesse d'Ecosse qu'ils avaient attaquée et se réconcilia avec les rois d'Angleterre qu'ils avaient combatives. Il profita ensuite de l'accord intérieur et de la paix extérieure pour fortifier son royaume et le policer un peu plus. Il avait épousé la fille du politique Henri VII , qui venait de terminer en Angleterre les longues guerres civiles des maisons d'York et de Lancastre, et qui avait compris l'utilité de cette union pour sa royauté encore mal affermie. Les Tudor , dont Henri VII fofida 1^ dynastie , eurent des vues nouvelles sur l'Ecosse. Ils ne songèrent plus à l'incorporer violemment ou à l'assujettir féodalement à l'Angleterre, comme l'avaient autrefois tenté les Plantagenets. Mais ils voulurent la faire entrer dans l'alliance angbise par des mariages et par des traités, et Tenlever ainsi à

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