CHAPITRE II
vouement fût très-zélé, leur offre très -sûre et leur fidélité durable. D'ailleurs elle ne voulut pas se montrer exclusive, de peur de s'affaiblir encoi*e da* vantage. Elle rechercha l'appui de tout le monde. Elle avait déjà chai*gé Preston de CraigniiUar, Ogilvy de Findlater, Lumsden de Blanern, et Iicsly d'Auchtermuchty, qu'elle avait envoyés comme ses commissaires en Ecosse, et qui y amvèrent le 20 février 1561, d'y porter les témoignages de son affection , la promesse de ses vues conciliantes et l'annonce de son prochain retour*. Afin de rétablir l'action régulière de l'autorité, elle avait adressé une commission royale au duc de Chàtellerault , aux comtes d'Argyle, d'Athol*, de Umitly,deBothwell, à l'archevêque de Saint- André et au lord James, pour convoquer un parlement légal '.
Le parlement réuni envoya le lord James auprès de sa sœiu*. Mieux qu'un autre, loixl James sem* blait propre à modérer les mécontentements de Marie Stuart et à la ramener proniptement dans le royaume. Il passa par l'Angleterre. Elisabeth et ses
* Ces inslructions, extraites des archives des affaires étrangères, sont publiées dans le recueil du prince Labanoff, t. I,p. 85 à 88.
^ John Stewart, descendant de Alexandre High Stewarl d'Ecosse, ancêtre commun des Stuarts, quatrième comte d'Athol, avait succédé au comté en 1542.
* Lettre de Randolpb à Cecil du 26 février 1561, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. VI, p. 242.
iiiinisU^eS) avec lesquels il avait d étroites liaisons» ne furent pas sans crainte sur les offres que la cour de France ne manquerait pas de lui faire pour se l'attacher. C'était le personnage le plus important de r Ecosse par le sang dont il était sorti, la position qu'il avait su prendre dans ce royaume , Tascen^ dant qu'il exerçait sur tout le parti réformé dont il était le chef séculier, et la confiance qu'il avait inspirée à la plus grande partie de la noblesse. Jeune encore, il s'était distingué à la guerre comme soldat^ dans les troubles comme politique. Il avait le courage le plus ferme et l'habileté la plus froide. D'un esprit judicieux , d'un caractère énergique , d'une conduite soutenue, ayant moins de mobilité et de finesse que ses astucieux et inconstants compatriotes, ouvert , brusque «ans être incapable de dissimulation et de fausseté, il marchait vers son but avec ce bon sens résolu qui y conduit presque toujours vite et sûrement.
Le prieur de Saint*Ândré rencontra la reine sa sœur à Saint-Dizier, le lendemain du jour où elle avait vu l'official d'Aberdeen John Lesly *. Il essaya de la rendre favorable au parti de la congrégation et à l'alliance de l'Angleterre. Mais Marie Stuart ne se laissa point persuader aux raisons qu'il lui donnait dans l'intérêt même de son pouvoir et de son repos. S'ouvrant à lui sur ses intentions, elle lui
* Keifh,p. 160.