CHAPITRE II
déclara qu elle ne ratifierait point le ti*aité d'Edimbourg, et qu elle chercherait à dissoudre l'union de l'Angleterre et de rËcoase, qui ne lui était pas agréable ; elle s'efforça même d'attirer à sa religion et à ses desseins lord James » à qui furent offerts le chapeau de cardinal et de riches bénéfices en France. Mais lord James refusa tous ces avantages sans hé^ sitation , et parut acquérir encore plus la confiance de sa sœui* par cette marque de droiture et de dé»* intéressement* Marie promit de lui expédier les pouvoirs nécessaires pour gouverner le royaume tant que durerait encore son absence. Elle souhaita seulement qu'il ne passât point par l'Angleterre en retournant en Ecosse ^
Lord James n'en fit rien. Il restait si fermement attaché à l'alliance d'Elisabeth , dans laquelle il voyait la principale force de son parti , qu'il communiqua à l'ambassadeur anglais Throckmorton ce qui s'était passé entre sa sœur et lui. Throckmorton, sentant combien il importait à sa souveraine de conserver l'influence qu'elle avait acquise en Ecosse, l'engagea à s'assurer des hommes les plus habiles et les plus puissants du pays par la distribution annuelle de 20,000 livres sterling. « L'on doit, lui écrivit- il, avoir particulièrement égard au comte
• Lettres de Throckmorton à Klisabelh , du 29 avril et du !•' mai 1661, au State Paper Office, et dans Tytier, t. VI, p. 255-257.
d'Arran comme à la seconde personne du royaume, et à lord James dont le crédit et Thonnéteté , selon moi , peuvent être comparés à ceux de toute personne quelconque dans ce royaume Loixl James
est un très-honorable, sincère et pieux gentleman et très-affectionné à Votre Majesté. Vos bons procédés ne sauraient être mieux employés qu*à son égard '. » Ijà parcimonieuse Elisabeth croyait trop le tenir par le double lien de la foi religieuse et de Tintérét politique, pour y ajouter encore celui de l'argent. Elle Taccueillit fort bien lorsqu'il arriva à Ijondres, mais elle ne lui accorda que la faveur peu coûteuse de ses bonnes grâces.
Marie Stuart n'ayant pu ébranler ni la fidélité de lord James au parti réformé, ni son attachement à l'Angleterre, ne lui adressa point les. pouvoirs qu'elle lui avait promis. Gilles de Noailles avait été dépêché pour inviter le parlement d'Ecosse à rompre l'alliance naguère conclue avec Elisabeth et à renouveler celle qui avait été si longtemps entretenue avec la France. Mais Noailles échoua dans sa mission. Le parlement se montra aussi inébranlable que l'avait été le prieur de Saint-André. Il répondit au délégué de Marie Stuart que l'assistance accordée à l'Ecosse pai' la reine Elisabeth avait délivré le royaume de la tyrannie papale et du joug des Fran-
^ Lettre de Throckmorlon à Elisabeth, du 29 avril 1561) au Stale Pap. Off., et dans Tyfler, t. VI, p. 259.