‹ Histoire de Marie StuatChapitre 52 sur 214 · CHAPITRE II. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. i

rais, et le renvoya sans qu'il eût rien obtenu ^ Marie Stuart, après avoir passé quelque temps à Reims et en Lorraine*, se disposa à rentrer en Lcosse, emportant de France un douaire de soixante mille livres de revenu*. Le goût l'y conduisit moins que la nécessité. « Je l'ai veue souvent , dit Brantôme , appréhender comme la mort ce voyage, et désiroit cent fois plus de demeurer en France simple douairière que d'aller régner là en son pays sauvage*. » Elle fit demander à Elisabeth un sauf^onduit pour traverser son royaume , et d'Oysel , qui devait la précéder en Ecosse, fut chargé de cette demande^. Mais Elisabeth n'accorda point à d'Oysel le passage dans ses Etats, et refusa le sauf-conduit pour Marie Stuart*. u Sa Majesté, écrivait Cecil, a déclaré à M. d'Oysel qu'elle ne veut pas dissimuler avec la reine d'Ecosse et qu'elle différerait l'envoi du sauf-

* Keith, p. 161. —Tytler, t. VI, p. 263.

' De rébus gestis Scotorum, authore Joaonc Leslaeo. T. I, p. 226 et seqq.

' M Avons, suyvant les conventions matrimoniales d'icelle nostredicte sœur, résolu luy assigner sondict douaire, montant à ladicte somme de soixante mil livres tournois de revenu pour chacun an, sur ledîct duché de Touraine, conté de Poictou , terres et seigneuries en dépendans. » Ordonnance de Charles IX du 20 décembre 1560, dans Teulet, t. I, p. 734.

* Brantôme, t. V, p. 90.

* Keith, p. 169.

* Keith, p. 171.— Tytler, t. Vï, p. 269.

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conduit jusqu à la ratification du traité d'Edimbourg, mais qu alors elle aurait non^seulement un libre passage mais toutes sortes d'assistance et le plus gracieux accueil*. »

Marie Stuart fut profondément blessée de ce refus. Elle le témoigna à l'ambassadeur d'Angleterre Throckmorton, par des paroles pleines de dignité et d'amertume : u Monsieur, lui dit-elle,rien ne m'afflige plus que de m'étre oubliée jusqu'à solliciter de la reine votre maîtresse une faveur dont je n'avais pas besoin ^.» Rappelant alors les griefs qu'elle avait contre Elisabeth , elle ajouta noblement, et avec une vivacité un peu menaçante : «» Faites savoir à votre maîtresse qu'il passera pour étrange parmi les princes et États de la chrétienté qu'elle ait travaillé la première à animer mes sujets contre moi , et , maintenant que je suis veuve, quelle prétende m'empêcher de retoui'ner en Ecosse, Je ne veux que son amitié , je ne jette point le trouble dans ses États, je n'entretiens pas de menées avec ses sujets , et cependant je sais qu'il en est dans son royaume qui sont disposés à recevoir les offres qui leur seraient faites. Tous ne sont pas du même sentiment qu'elle en matière de religion et en autres choses. La reine votre maîtresse

* Lettre de Gecil au comte de Susses, du 25 juillet 1561 ^ dans Tytler, t. VI, p. 268, 269.

' Lettre de Throckmorton à Elisabeth, du il6 juillet 1561^ imprimée dans Keitli, p. 172.

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