‹ Histoire de Marie StuatChapitre 60 sur 214 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

beaucoup. Elle déclara dans le conseil et elle annonça au peuple par une proclamation qu'il ne se-^ rait apporté aucun changement à la croyance établie, et que tout acte , soit public , soit secret , tendant à en altàrer la fonne, serait puni de mort ' . L'autorité régulière de la couronne confirmait ainsi les décisions prises par Tautorité révolutionnaire du parlement. Marie voulut ensuite voir Knox, et peut-être espéra-t-elle Tadoucir et se lattacher. Dans une entrevue qu elle eut avec lui ^, elle discuta les devoirs du sujet et du chrétien. Elle lui fit sentir que, dans son ouvrage sur le gouvernement des fenunes , il excitait les peuples contre les princes, et elte l'engagea à avoir plus de charité envers ceux qui pensaient, en matière religieuse, autrement que lui. u Madame, lui répondit Knox, si rejeter Fidolàtrie et engager le peuple à adorer Dieu selon sa parole est considéré

' Celte proclamation, extraite des registres du conseil privé, et datée du 25 août 1561, est dans Knox , Hïstory oj the reformation, t. II, p. 272, 273. Sa Majesté veut, y est-îl dit: a ...that none of them take upoun hand privatlic or openHe, to make akeratioun or innovatioun of tbe state of religioun, or attempt any thing against the form wbîch Her Majestie fund publiclie and universallie standing in this ber realm at Her Majestie arryvell in tbis her realm, under tbe pane of death. » P. 273.

^ a The quene spock with Johne Knox and bad long rea> soning with him, none being présent except tbe lord James. » Knox y History ofthe reformation, t. II, p. 277.

comme une excitation des sujets contre leurs princes, je ne saurais être excusé, car c'est ce que j'ai fait; mais si la connaissance de Dieu et de son vrai culte conduit tous les bons sujets à obéir au prince de bon cœur, qui pourrait me blâmer? « — Il assura du reste qu'il vivrait content sous l'autorité de la reine tant que le sang des saints ne serait pas versé , et il soutint que, dans les choses de la foi, les sujets n'étaient pas obligés de suivre la volonté de leui*s princes, mais les commandements de leur Créateur. « Si tous les hommes du temps des apôtres, ajouta-t-il, avaient été contraints de suivre la religion des empereurs, que serait devenue la foi des chrétiens?» La reine, établissant alors une judicieuse distinction entre les refus de la foi et les soulèvements de la révolte, lui répondit : — « Mais ces hommes ne résistaient pas. — Ceux qui n'obéissent point, répliqua Knox, aux commandements qui leur sont faits, sont censés résister virtuellement. — Non, continua la reine, ils ne résistaient pas avec l'épée. — C'est , poursuivit Knox, parce que Dieu ne leur en avait pas donné le pouvoir et le moyen. » A cette naïve et hardie décla* ration, que la force conférait le droit de soulèvement et que la faiblesse était la seule raison de la soumission aux princes , Marie Stuart lui dit avec étonnement : » Vous pensez donc qu'il est permis aux sujets de résister à leurs princes lorequ'iis en ont le pouvoir? >» Le fanatique réformateur, qui subordon*

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