CHAPITRE PREMIER
des Ker, dont il prit les châteaux, saisit les chefs et réprima la désobéissance. Il inspim partout une terreur profonde de son autorité et de sa rig^ueur, châtia les meurtres auxquels se livraient sans cesse des populations violentes et sauvages, poursuivit les incendies des maisons et les vols des bestiaux qui étaient dans les moeurs mêmes du pays, améliora les institutions judiciaires, favorisa la culture des esprits, développa certaines industries, orna TÉcosse de nombreuse^ coâstructions, et rendit la paix intérieure si sûre qu on disait de toutes parts : « que les buissons gardaient les vaches, n
Tous ces changements furent éphémères. Accomplis à la surface de la société écossaise , ils n'eurent pas le temps de pénéti'er au fond. Henri VIII contribua surtout à lempêcher. Ce prince ardent et impérieux voulut entraîner le roi son neveu dans tous SQS desseins, soit politiques soit religieux. Lorsqu'il se fiit séparé de l'Église de Rome , il pressa Jacques V d'opérer dans son royaume le changement de croyance qu'il venait d'accomplir lui-même dans le sien. Il comprit que l'Ecosse ne pouvait pas rester catholique, au moment où l'Angleterre devenait protestante, sans cpi'elle fût rejetée plus fortement dans les alliances continentales dont son père et lui avaient tenu à la détacher et sans que' de nouvelles causes d'inimitié ne renouvelassent les anciennes en les aggravant. Il fit donc à son neveu des offres ca-
a MARIE STL'ART.
pables de le tentei', et lui pi-uposa sa fille aînée eu
mariage.
Jacques V hé^ta un moment'. La corruption extrême du clet^é d'Ecosse, qui joignait au relâchement universellement reproché alors aux hommes d'église les habimdes grossières et les mœurs vio* letltes de la noblesie d'Ecosse , faisait incliner le roi vers une réforme. Les biens considérables que possédait le t^lei^é le tentaient aussi. Il permit même au poète sir David Lindsay et au docteur Oeoi^ Buchanan de publier tontre les moines et les prêtres des satires qu'accueillit avidement la faveur populaire. Mais il se ravisa bientôt. 11 vit ou on lui fit voir
' li détestait l'archevêque deSaînt-André, James Béton ou Beaton , ftts du laird de Ba)fi>iir, comme le prouve une instruction de ce roi que M. Tenlet vient d'intérer dan* les deux Toluniea in-4'* de Pièces et documents inédits ntat\fs à thisUÂre ff Ecosse au XFl' siècle, tiré* des archives et bibSo' thèques de France, et publiés pour le Bannalyne Gub dEt&rabourg, i'en doii un exemplaire à son oblifrcaDCe. Dans celte instruction , destinée aux i^ents que Jacques V envoie au pape, ce prince dit que pendant ta minorité l'archevfique a abusé de son pouvoir pour enrichir lui et les siens; qu'issu d'une petite et'pauvre maison, il a marié ta nièce au cheF des Hamilloh, au comte d'Arran, son cousin et le plus proche héritier dd trône. Il ajoute: •> Qdant noui somniet veueui k l'aige que noslre auctorité esioU entre no« mains , ledict archeresque, portant impat lentement d'estre bouté hors de ce gouvernement et auctorité où il estoitparavant, par la richesse ci soubstance qu'il avoit amassé et accumelé cidevani par l'usage de tiostre auctorité et telle*