‹ Histoire de Marie StuatChapitre 73 sur 214 · CHAPITRE m. U · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. U

spirer à Philippe II la crainte de mécontenter Tem* pereur son oncle en cherchant à marier la reine d'Ecosse avec son propre fils au déti*iment de l'archiduc son cousin. C'est ce qui eut lieu en effet. Dès qu'il connut cette négociation nouvelle, Phi' lippe II cessa de poursuivre la sienne.

Marie Stuart en fut très -contrariée. L'archiduc n'avait ni puissance, ni armée, ni argent*; il aurait déplu à l'Ecosse comme étranger, irrité l'Église protestante comme catholique. Aussi Marie fut-elle disposée à le refiiser, parce qu'il l'aurait compromise sans lui apporter aucun moyen de se défendre contre le mécontentement de ses sujet;s et leur esprit factieux. Elle n'accepta pas davariPtage le comte d'Ai'ran, qu'aurait voulu lui faire épouser la reine d'Angleterre * ; les ducs de Nemours et de Ferrare ', qui lui furent proposés, mais qui étaient des princes trop petits et trop faibles pour elle. Par une manœuvre

' a Auquel elle ne trouvoit aucune coinmodilé pour son royaulme, estant estranger, pauvre et fort esloig^né et le plus jeune des frères, et mal agréable à ses subjects, et sans auqune apparence de moyens ou force de luy aider au droict qu'elle prétendoît à la succession de ceste isle. » Fra^^ment d^un mémoire de Marie Stuart sur son second mariag;e, dans LabanofF, t. I, p. 296 et 297, et Lettre de Marie Stuart à la duchesse d'Arschot, 3 janvier 1565. LabanofF, t. I, p. 249.

^ a ...obligarla a casar con el conde de Aren hîjo del duque de Cfaatelerau. » Quadra à Philippe II, 18 mars 1563.

' LabanofF, 1. 1, p. 215,

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bardie, elle renoua^ malgré son onclfe le cardinal de Lorraine, le mariage avec doil Carlos. Elle chargea le secrétaire Letbington, dans une de ses nombreuses missions à Londres, de dire à Tambassadeiir de Philippe II auprès d'Élisàbetfa, qu'elle était résolue à ne pas épouser un protestant H à hé pàâ prehdre un catholique ' des mains de la rririe d'Angleterre, que sa position et ses intérêts lie lui periUettâient pas davantage d'agréer l'archiduc , et que si die tië s'unissait point au prince d'EspagUe, qui lui cOhvt^nait seul , elle avait donné l'ordre à lui Lethington d'aller en France proposer sou mariage avec Charles IX , malgré la différence des âges et la parenté. Cette dernière crainte devait l'emporter daUs l'esprit de Philippe II sur toute autre considération.

Aussi, dès que ce prince ombrageux et incertairt connut l'entretien de Lethington et de l'étêqub Quadra, il écrivit à ce dernier que le maiîage entre la reine d'Ecosse et le prince royal son fils « pouvant être le moyen de remédier aux choses de la religion dans le i-oyamne d'Angleterre, il aVait résolu d'en admettre la pratique *. » Il l'invita à s'informer

' « ...que la reyna su ama jamas se casaria con protestante, ni con catholico por mano de la ref na de Inglaterra. » Quadra à Philippe II, 18 mars 1563.

^ u Y asi viendo que efccfuarse este casanûento podria ser pcincipio de renicdiarse las cosas de ]a religion en este reyno de Inglaterra, me he resuelto de admitir la platica. » Lettre

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de toiitës les intelligences que la reitié d'Écasse HTait en Angleterre et à conduire ce projet de mariage avec le plus grand secret, parce que l'affait'e devait être faite avant d'être apprise *^ de peur dé provoquer la double opposition de la eour de France et de la reine d'Angleterre. Il ajouta que ce serait dussi le moyen de moins choquer l'aupereul-, qui ne connaissait ^as les vraies intentions de la reine d'Éèosse et s'en reposait sur les offres du cardinal de Lorraine. « Si je voyais, disait-il, le mariage de l'archiduc probable et si j'en attendais le même fruit que du mariage du prince mon fils, j'y coopérerais avec la meilleure volonté^ par la grande affection que je porte à l'empereur mon oncle et à ses enfants. Ce qui m'a décidé à tmiter de icelui de mon fils , c'est la certitude que vous m'avez donnée, d'après ce que vous avez entendu de. la bouche des ministres de la reine d'Ecosse, du peu de penchant qu'elle a pour l'autre mdriagé, du péU de fruit qiii en i'ésulterait, et aussi la cràiiite qu'elle n'épousât le roi de France. Je me souviens des soucis et de l'inquiétude où je me trouvais , lorsqu'elle était înariée au roi Fl^nçbis. Si ce rbi viVait ehcbre, lioùs serions eh

de railippë II a Quaclra; Madrid, 15 juin 1563. Ârcli. de Shnancâs, Negoctado de Es'tàdo , Ihglaterra, Ifeg. 818,

* <i lr havels de encomendar eh esie negociô el secretô sôbte tbdas las cosds qiie del se aydii de plàticar, porcjlie dee estar liecho este négocie primero que ealendido, etc. » thid.

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guerre sans doute, parce que j aurais été obligé de défendre la reine d'Angleterre contre Finvasion de son royaume qui avait été résolue ^ n

En exécution de ces ordres, Quadra envoya Luis de Paz * vers la reine d'Ecosse pour traiter de son mariage avec don Carlos. Il l'envoya fort secrètement en lui faisant prendre le chemin de l'Irlande. Luis de Paz eut avec Lethington et Murray une conférence à la suite de laquelle il retourna à

* u ...Si yo le viese aparieuza de bacerse (le mariag^e avec l'archiduc Charles) y que del se pudiese sacar el fruto, que al présente parcsce que se podia sacar del casamiento del principe nii bijo, lo abrazaria y procuraria con wiejor voluntad que estotro, por el (jrande amor que al emperador mi tio y a sus bijos teng^o. Lo que me ba movido a salir a este négocie y no esperar a que el emperador se acabase de desen- {^anar en el, ba sido el advertimiento que vos me haveis dado de la poca gana que la reyna y sus miuistros tienen al casamiento del arcbiduque y mas particularmente el avîsarme vos de que pretendian y procuraban tratar el casamiento del rey de Francîa, acordandome del trabajo y inquietud en que me tubo el rey Francisco , siendo casado con esta reyna, que se cierto si el viviera no pudieramos escusar de cstar dias ha metidos en la guerra sobre defender yo a esa i^yna queriendo la el invadir como lo ténia resuelto. » Arch. de Simancas, Negociado de Estado, Inglaterra, leç. 816,

^ Luis de Paz y Antonio de Guaras, que son como mercadores de quienes bazia el dicbo obispo conBanza. Lettre de Granvelle dans le (. II, p« xiv de l'ouvrage indiqué à la note 2 ci-contre.

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